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Révélations Classiques 2008 de l’Adami : ils n’ont pas fini de nous étonner !

Festival Pablo Casals 2008

Pour la sixième année consécutive, le Festival Pablo Casals accueillait le premier concert de l’année des Révélations Classiques 2008 de l’Adami. Cette société de gestion collective des droits des artistes mène en parallèle et depuis douze ans maintenant, une action en vue de promouvoir de jeunes talents auprès des professionnels. Chaque année, quatre instrumentistes et quatre chanteurs choisis par un comité de sélection – et en tête – peuvent bénéficier du soutien de l’Adami qui organise pour eux huit concerts durant la saison et assure la production d’un CD de lancement.

C’était leur premier concert et certains «avaient la pression» ; comme nous l’avoue , violoncelliste, qui débute le concert et d’emblée nous subjugue par l’élégance de son geste et l’aisance de sa technique ; après la Romance de , son «Papillon» fait virevolter la sonorité avec une grâce ingénue. Parmi ces collègues instrumentistes, la jeune pianiste – «khâgneuse» au lycée Louis le Grand ! – nous impressionne par ses qualités digitales et l’énergie qu’elle dégage dans la Rapsodie Hongroise de Liszt qui révèle un tempérament de feu. Si , digne héritier de son père Bruno, ne semble pas encore avoir sondé toute l’épaisseur de l’écriture brahmsienne sur un alto qui chante cependant merveilleusement, fait l’unanimité avec son basson dont il tire cette sonorité lumineuse et racée d’un instrument que Saint Saëns a su si bien faire sonner dans la Sonate opus 168.

Toute cette jeunesse était soutenue, portée même par l’accompagnement subtil autant qu’efficace de , merveilleuse pianiste d’une musicalité rayonnante.

Dans un répertoire un peu plus convenu, les quatre chanteurs venaient, en alternance, faire revivre les grands airs de la scène lyrique : Donizetti et Thomas avec le baryton dont on apprécie le timbre chaleureux même si la voix manque d’épaisseur dramatique. C’est dans Verdi que le ténor donne la mesure de ses moyens en déployant ses aigus puissants et bien timbrés. Mais c’est avec Clémentine Margaine qu’il nous émeut dans la réplique du grand air «mon cœur s’ouvre à toi» que la jeune mezzo-soprano aborde avec ce timbre profond et suave très prometteur. L’aria furioso de Sestus de Haendel qu’elle chante avec beaucoup d’élan et de caractère signale des qualités scéniques étonnantes. Notre coup de cœur allait à la soprano tout juste sorti du Cnipal. Avec une diction impeccable et des aigus lumineux, elle ravissait son auditoire en incarnant une Manon pétillante et juvénile.

Un seul regret peut-être… que cette jeune génération de musiciens débutant une carrière à l’orée du XXIe siècle n’ait pas manifesté le désir d’explorer un langage plus proche d’eux, ne serait-ce que celui du XXe siècle !

Crédit photographique : photo © Romain Baldet