- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Bonheur mozartien avec l’Orchestre du Gürzenich de Cologne

Entre les représentations de La flûte enchantée à l’Opéra de Cologne, le Gürzenich-Orchester et son chef se payèrent le luxe d’un programme Mozart à la Philharmonie. Et quel programme ! Quatre airs de concert en ouverture, puis la Messe en ut mineur et, en bis, un sublime Ave verum corpus. Plus encore que dans la Flûte, Stenz a put montrer ici son affinité avec l’univers mozartien. Très engagé dans l’accompagnement des airs de concerts, il offrit de meilleur de lui-même dans la messe. Avec son formidable orchestre, jouant sans le moindre vibrato, il put démontrer combien cette œuvre doit à Bach et Haendel dont Mozart avait étudié les partitions à l’époque de la composition. Le résultat est une lecture passionnante rendant justice à la fois aux lyrismes «pur Mozart» et aux passages virtuoses dans la plus belle tradition baroque.

Pour l’occasion, Stenz avait renoncé à la traditionnelle collaboration avec le Gürzenich-Chor, formation composée de chanteurs amateurs, pour inviter le très réputé Ensemble vocal de la Cathédrale de Cologne. Malgré un pupitre de basses par moments un peu opaque, le chœur se montra à la hauteur de sa réputation faisant preuve d’une remarquable homogénéité du son, d’une admirable précision dans les vocalises ainsi que d’une diction très nette. Pour combler le bonheur, les redoutables parties des solistes féminins avaient été confiées à deux chanteuses de première envergure. Ainsi, triompha sans aucune difficulté des sauts de registre du «Laudamus te» avant que Lydia Teuscher ne suspende le temps dans un «Et incarnatus est» que l’on n’hésitera pas à qualifier de divin.

Malgré le fort impact que nous laissa cette deuxième partie du concert, nous n’en oublions pas la première. Pour les deux dames d’abord, qui nous avaient impressionnés respectivement dans «Ch’io mi scordi di te» (, très engagée) et «Al desio, di chi t’adora» (Lydia Teuscher au timbre cristallin). Pour les deux solistes masculins aussi, auxquels la messe offrit peu d’occasions de se faire remarquer. Dans «Mentre ti lascio, o figlia». En revanche, Sebastian Noack put faire valoir une ligne de chant très soignée (malgré une tessiture globalement trop basse pour sa voix de baryton), tout comme qui, dans «Per pietà, non ricercate», sut offrir une belle démonstration de ses qualités de ténor mozartien.

Crédit photographique : © DR

(Visited 154 times, 1 visits today)