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Des limites de la restitution

Sur le fond, l’idée de mêler des plages de musique et de déclamation, en insistant, dans la notice, sur le lien entre musique et déclamation à l’époque baroque, est certes pertinente, mais cela fait plus de vingt ans qu’ a ouvert la voie, et le filon est un peu épuisé, spécialement quand les textes proposés, à l’exception d’un seul, n’ont strictement aucun rapport avec la musique qui leur est associée. Si la notice historique sur les offices de ténèbres de Jean-Paul Montagnier est excellente, celle de , qui tente de résumer son Traité de chant (récemment réédité) en deux pages, rappelle l’enthousiasme des temps glorieux de la révolution baroque, dans les années 1970, mais semble ici hors de propos. La justesse est approximative, le vibrato n’est pas maîtrisé. Le pire étant certaines tentatives de restitution de l’accent : cet ornement obligatoire, au XVIIIe siècle, sur les exclamations («Ah !», «Hélas !»). Il faut dire que les chanteuses ne sont guère aidées par la basse continue : seule la viole de , dont on se demande ce qu’il est venu faire dans une telle galère, parvient à les soutenir un peu. Les violons, mobilisés seulement dans quelques pièces, râpent affreusement.

La discographie des Leçons de Couperin est plus qu’abondante ; on peut trouver de la musique sacrée de Brossard et de Bernier ailleurs ; quant à la réhabilitation, justifiée, de Valette de Montigny, elle devra encore attendre.