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Une forza del destino surtout pour les oreilles…

Les mélomanes du mai musical florentin de 2007 ont eu bien de la chance. Réunir un aussi beau plateau, par les temps qui courent, tient en effet du prodige, tant les grandes voix verdiennes sont venues à manquer aujourd’hui.

Ainsi, s’affirme très certainement comme la meilleure titulaire du rôle de Leonora, et on reste médusé devant tant d’opulence vocale. La voix est longue et homogène sur toute la ligne, le timbre est d’un rare métal, et c’est étonnamment dans les aigus flottés pianissimo que cette ancienne mezzo est le plus à son aise. Son chant manque néanmoins de finesse et de subtilité. possède lui aussi une voix souple et bien timbrée, même si les sons sont parfois ostensiblement ouverts. Mais une fois encore, on ne voit pas quel ténor pourrait aujourd’hui le surpasser, et on s’étonne que la renommée de ce valeureux artiste n’ait pas atteint celle d’un José Cura, par exemple. est lui aussi très convaincant vocalement dans le rôle de Don Carlo di Vargas, son beau baryton vibrant et acéré convenant assez bien au personnage qu’il incarne. Le plateau est honorablement complété par en Padre Guardiano, Julia Gertseva en Preziosilla et en Melitone.

Galvanisés par un en grande forme, l’Orchestre et les Chœurs du mai musical florentin contribuent à mettre en valeur les remarquables richesses d’une des plus belles partitions orchestrales de Verdi.

La partie visuelle du spectacle est hélas moins convaincante, au point qu’on se demande à quoi il peut servir de confier à la postérité une mise en scène aussi plate et aussi dénuée d’intérêt. La direction d’acteurs – ou du moins ce qui en reste – est quasiment inexistante, et les personnages principaux (notamment Alvaro et Leonora) sont loin d’être crédibles scéniquement. Certains passages, comme par exemple la scène finale qui montre Leonora enfermée dans une espèce de cage, frisent le ridicule. On peut supposer que les nombreuses scènes d’ensemble avaient fait, en live, leur petit effet, mais la captation DVD ne laisse entrevoir que des mouvements confus et désordonnés. De même, les imposants décors d’ passent mal au petit écran, au travers duquel ils ne paraissent que tristement conventionnels.

Un DVD qui pose le problème du choix des spectacles retenus pour la commercialisation. On soupire en effet en pensant à certaines mises en scène récentes qui n’ont pas eu la chance, elles, d’être immortalisées par le DVD…

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