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Un Bar-Shaï, sinon rien…

Le programme Gluck / Mozart / Poulenc, proposé par l’, placé sous la direction de Jesús López-Cobos, s’annonçait comme un concert fort plaisant sur le papier. Mais pour user d’une comparaison d’ordre culinaire, l’intitulé d’un menu est souvent plus réussi que ce qui arrive dans l’assiette !

L’attrait de cette soirée résidait dans la présence du jeune pianiste israélien . Programmé dans le concerto n°19 de Mozart, il nous a montré, lors de ce concert, toute sa maîtrise de l’instrument, son évidente aisance technique, son sens de la couleur mozartienne. Comme un enfant, qui aurait depuis longtemps dompté tous les secrets de son jouet, il semble s’amuser des pièges pianistiques (en particulier dans la cadence de l’allegro assai final). Ses mains jonglent avec les touches ; sur son visage (tantôt exalté, tantôt amusé) et dans ses postures, ressurgissent quelques anciennes images de Paul Badura-Skoda, mêlées au rictus triste de Buster Keaton.

Dans le bis offert au public, la Mazurka en la mineur op. 17 n°4 de Frédéric Chopin, illustre parfaitement quelques phrases de l’entretien accordé à Emile Tachddjian pour le programme de ce concert : «Ma mère nous faisait aussi bien écouter des opéras de Mozart que du jazz et bien d’autres styles…» Cette pièce de Chopin devient, sous les doigts de l’interprète, un moment de grâce malicieuse, aux tournures parfois «jazzy».

Pour le reste du programme, et l’Ensemble Orchestral de Paris exécutaient des extraits du Don Juan de Gluck et la Sinfonietta de Poulenc.

Crédit photographique : Iddo Bar-Shaï © DR

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