Mot-clef : Ensemble Orchestral de Paris

L’excellence française à l’heure du virage générationnel

Voici le temps des anniversaires, sept orchestres français fêtent leurs 40 ans (1) et l’Orchestre National de France deux fois 40 ans. Soit globalement une vie de travail pour un musicien. Est-ce aussi une fête pour les jeunes musiciens ? C’est en 1975 que l’ORTF cesse d’exister, avec lui le réseau d’orchestres de radio disparaît. Marcel Landowski est chargé de reconstituer et de développer le maillage des orchestres en France. Ainsi de 1969 ...
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Mendelssohn par Accentus : de la musique de fées

A propos de La première nuit de Walpurgis, Berlioz écrit dans ses Mémoires : « J’incline fort à regarder cette espèce d’oratorio (la Nuit du Sabbat) comme ce que Mendelssohn a produit de plus achevé jusqu’à ce jour », ajoutant plus tard en note : « Je ne connaissais pas encore, quand j’écrivis ces lignes, sa ravissante partition Le songe d’une nuit d’été. ». On ne peut que lui donner raison sur la qualité de ces ...
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James MacMillan et l’Ensemble Orchestral de Paris

Ce programme alléchant offre la création en France de Seraph, concertino pour trompette et orchestre à cordes dû à James MacMillan. Le compositeur n'en est pas à son coup d'essai en musique concertante, notamment pour la trompette (Epiclesis en 1993), et, comme à son habitude, l'écriture est ingénieuse et efficace. On pense souvent aux concertos baroques de Michael Tippett, mais le ton est plus sévère, surtout dans la partie soliste, ...
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Saint-Denis, la Saint Matthieu de Bach en clôture du festival

Du temps où il était directeur musical de l’Ensemble Orchestral de Paris (1998-2008), John Nelson a fréquemment dirigé les grandes fresques sacrées du répertoire (oratorios, messes…), notamment à Notre-Dame de Paris. En clôture de l’édition 2011 du Festival de Saint-Denis, le chef américain, à présent directeur musical honoraire, retrouvait ses musiciens dans la Passion selon saint Matthieu de Bach, avec un chœur de chambre universitaire anglais (une quarantaine de choristes ...
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Mendelssohn du choral à l’oratorio, nouveau pari pour Laurence Equilbey

La musique sacrée de Felix Mendelssohn, voici encore un nouveau pari pour Laurence Equilbey : si ce répertoire est bien implanté dans les pays anglo-saxons, il n'éveille guère d'attente chez nous. On y trouve pourtant des richesses insoupçonnées, à commencer par ces pièces écrites en Italie aux alentours de 1830, lorsque Mendelssohn terminait ses études par un tour de l'Europe. Des œuvres d'une envergure limitée, pas mémorables sans doute (le compositeur ...
Un barbier diabolique

Sweeney Todd au Châtelet, un barbier diabolique

Pour la première fois en France, une version sombre et sociale du "musical" de Steven Sondheim, d’après un fait divers londonien du XIXème siècle. Du grand art ! La nouvelle comédie musicale du Théâtre du Châtelet nous transporte dans un monde des bas-fonds londoniens. Sous la forme d’une ballade, chantée et reprise par la foule dès l’ouverture de l’œuvre, Sweeney Todd conte l’histoire du barbier diabolique de Fleet Street, imaginée en 1979 ...
Mozart, Molière et Rimbaud

Mozart, Molière et Rimbaud

Le concert débute par une œuvre secondaire, mais néanmoins fort belle, de Richard Strauss : composée à dix-huit ans, la Sérénade ignore superbement le modèle de Siegfried Idyll pour tendre la main à la Gran partita. Le plus étonnant est que le jeune homme ne manque pas de très loin le secret de la grâce mozartienne, tout en créant déjà les voluptueuses effusions qui seront sa marque. La direction impétueuse de ...
Laurence Equilbey

Une Enfance du Christ douce et intime par Laurence Equilbey

À l’origine, L’Enfance du Christ est une supercherie du malicieux Hector Berlioz, qui présenta l’Adieu des bergers comme l’ouvrage miraculeusement retrouvé d’un maître de musique du XVIIe siècle, l’obscur Pierre Ducré. Berlioz intégra en conséquence à son langage des archaïsmes, colorations modales et références diffuses aux temps révolus. Éclectique, l’œuvre est atypique dans la production berliozienne et contraste avec d’autres compositions plus sonores. Elle mêle moments dramatiques et sections recueillies, ...
Sous le signe du recueillement

Laurence Equilbey et Accentus, sous le signe du recueillement

Ce concert marquait la première apparition de Laurence Equilbey au Festival de Saint-Denis, avec naturellement son chœur, Accentus, mais aussi à la tête de l’Ensemble orchestral de Paris, dont elle est chef associée pour deux saisons (avant de créer sa propre formation orchestrale ?). Le choix de réunir dans le même concert Puccini et Fauré pouvait paraître surprenant, mais, outre le fait qu’ils sont morts la même année (1924), c’est la ...
Klimt et Géricault

Stephen Kovacevich, Klimt et Géricault

Pour ouvrir le concert, l’Ensemble Orchestral de Paris joue la Sérénade italienne de Wolf, plus connue dans sa version originale pour quatuor. Le début, avec sa mélodie pittoresque confiée à l’alto sur un accompagnement de pizzicatos, fait vraiment songer à la Sérénade d’un montagnard des Abruzzes, le troisième mouvement de Harold en Italie de Berlioz. Mais on retrouve vite le ton persifleur des miniatures de l’Italienisches Liederbuch. L’œuvre est trop ...
Dynamisme au service de l’ultime œuvre de Rossini

Dynamisme au service de l’ultime œuvre de Rossini

Festival de Saint-Denis 2009 L’émotion suscitée par le magistral Requiem de Verdi dirigé par Riccardo Muti n’était pas encore retombée que le Festival de Saint-Denis nous offre une autre œuvre sacrée, le Stabat Mater de Rossini, dont l’interprétation, assurée par de jeunes musiciens, n’en est pas moins majestueuse. Certains spécialistes considèrent cette œuvre ultime du compositeur comme un opéra en miniature caché sous un texte religieux, d’autres, comme un opus spirituel qui ...
Un Bar-Shaï, sinon rien…

Un Bar-Shaï, sinon rien…

Ensemble Orchestral de Paris Le programme Gluck / Mozart / Poulenc, proposé par l’Ensemble Orchestral de Paris, placé sous la direction de Jesús López-Cobos, s’annonçait comme un concert fort plaisant sur le papier. Mais pour user d’une comparaison d’ordre culinaire, l’intitulé d’un menu est souvent plus réussi que ce qui arrive dans l’assiette ! L’attrait de cette soirée résidait dans la présence du jeune pianiste israélien Iddo Bar-Shaï. Programmé dans le concerto n°19 ...
Du romantisme allemand à Graciane Finzi

Du romantisme allemand à Graciane Finzi

C’est une ouverture qui a introduit – en bonne logique – le concert de mardi soir centré autour du romantisme allemand. Le tissu arachnéen et mobile du Songe d’une nuit d’été s’est déployé avec grâce sous la main leste de l’énergique Joana Carneiro. Mais en dépit de la direction fraîche et alerte, en harmonie avec l’œuvre d’un Mendelssohn de 17 ans, certains passages manquent d’homogénéité. La présence de mélodies de Graciane ...
Saint-Saëns canonisé par Brigitte Engerer

Saint-Saëns canonisé par Brigitte Engerer

Après un superbe enregistrement en compagnie de Boris Berezovsky consacré à des œuvres pour deux pianos de Rachmaninov, Brigitte Engerer continue de graver chez Mirare pour notre plus grand plaisir. Cette fois, elle est seule au piano pour interpréter deux des concertos de Camille Saint-Saëns, les plus connus, c’est-à-dire le deuxième et le cinquième. Et là encore, c’est un coup de maître. En effet, la pianiste fait merveilleusement sonner son instrument. ...
Et si Sting n’était pas là ?

Welcome to the voice : et si Sting n’était pas là ?

La sortie en CD n’avait guère convaincu. La création scénique ne convainc pas davantage. La volonté de spectacle d’« art total » voulue par le Châtelet est sans commune mesure avec les ambitions visionnaires de Wagner à Bayreuth au XIXe siècle. La rencontre de divers styles musicaux sous la plume de Steve Nieve s’est révélée être une copulation frénétique dont le public a assisté à l’accouchement douloureux au Châtelet. L’enfant ...
Remake

Les Enfants du paradis : le remake de José Martinez

José Martinez fait le pari d’une mise en scène chorégraphiée pour donner vie au chef d’œuvre de Marcel Carné, le film Les enfants du paradis. Un remake qui remet la pantomime au goût du jour et réserve de savoureux seconds rôles aux danseurs du Ballet de l’Opéra de Paris, mais qui n’est pas à la hauteur du film. Un rôle pour tous, tel était le souhait de José Martinez pour incarner ...
La Belle et le Clochard

Diana Damrau et l’Ensemble Orchestral de Paris : la Belle et le Clochard

De toute part dans le monde, les plus grandes salles accueillent de nombreux maitres chanteurs, tous dotés de belles et grandes voix. Parmi eux, il en est une que l’Europe et les Etats-Unis couronnent de gloire depuis plusieurs années et qui, en ce soir aux Théâtres des Champs-Elysées, est venue conquérir le public parisien, après avoir gagné le cœur des toulousains. C’est revêtue d’une robe rouge carmin que Diana Damrau a ...
Un Chopin tonifié par Berezovsky

Un Chopin tonifié par Berezovsky

Il est des œuvres qui ne se résument pas tant elles inspirent. Les deux concertos pour piano de Frédéric Chopin appartiennent à cette rare catégorie d’où sourdent immanquablement une veine lyrique inépuisable et luxuriante, une sensualité à fleur de peau, une rêverie débridée prête à se fracasser sur le réel. Leur pouvoir de fascination sur les musiciens autant que sur le public, au fil des décennies, demeure intact tant au ...
Faust + Don Juan = Tom Rakewell

Faust + Don Juan = Tom Rakewell

The Rake’s progress Production déjà montée en 2001 sur cette scène, ce Rake’s progress détonne dans le paysage lyrique parisien actuel. La mise en scène ne respecte pas le livret au pied de la lettre. Du Londres du XVIIIe siècle, nous nous retrouvons dans l’Amérique des années folles, les références nombreuses à la capitale britannique présentes dans les paroles passant à la trappe. Pourtant la vision d’André Engel ne déforme pas ...
Incandescence nordique

Incandescence nordique

Ensemble Orchestral de Paris Sans nul doute, le concert de l’Ensemble Orchestral de Paris sous la baguette de Lionel Bringuier, 21 ans était un événement attendu : le plus jeune chef français menant une carrière internationale - chef assistant du Los Angeles Philarmonic Orchestra -, un violoniste norvégien acclamé par la critique dans Sibelius… Une belle affiche en perspective. Le choix musical ne démentit pas la maturité attribuée à ce jeune chef. Inopinément, ...
Bonnes intentions mais moyens un peu justes

Bonnes intentions mais moyens un peu justes

Ensemble Orchestral de Paris L’avaient-ils prévu de longue date ? Toujours est-il que jouer l’ouverture Hermann et Dorothée de Schumann basée sur le thème de La Marseillaise la veille de l’intronisation de notre nouveau Président de la République ne pouvait qu’être de circonstance. Pourtant l’inspiration y est totalement romantique, issue, non de la Révolution française, mais du poème idyllique du même titre, de Gœthe. Publiée à titre posthume en 1857, cette ouverture aurait ...
marienicole_lemieux

Beethoven par Mahler et Mahler par Schoenberg

Deux pièces connues du grand répertoire, certes, mais… pas seulement ! Le Théâtre des Champs-Elysées a choisi d’offrir au Parisiens deux œuvres bien connues mais dans des versions qui le sont beaucoup moins. Le Quatuor à cordes n°11, op. 95 de Beethoven est joué ce soir dans sa version orchestrale due à Gustav Mahler. La version élargie à l’orchestre à cordes peut dérouter. La sonorité d’ensemble y gagne en velouté ce ...
Beau programme recherchant style désespérément

Beau programme recherchant style désespérément

Ensemble Orchestral de Paris Trois œuvres aux effectifs variables. Trois moments d’un intérêt changeant. L’Ensemble Orchestral de Paris recevait le violoniste et chef d’orchestre Dimitri Sitkovetsky dans un programme passionnant sur le papier, mais stylistiquement très inégal à l’arrivée. Pour commencer, Fratres d’Arvo Pärt dans une version pour violon solo, cordes et percussions. Dmitri Sitkovetsky dirigeait l’ensemble en jouant la partie de violon solo : son dépouillement tenait, fin et sobre, une ...
Un bon présage

Soirée Menotti à l’Opéra-Comique, un bon présage

En assistant à la reprise à l’Opéra-Comique du Spectacle de l’Opéra de Lausanne, Le Téléphone – Amelia al ballo, on ne peut que souscrire point par point au commentaire élogieux de notre confrère Jacques Schmitt. Œuvres de la première moitié du XXe siècle, Le Téléphone (1947) et Amelia al ballo (1937) témoignent d’une image de la femme frivole et sans cervelle bien dépassée de nos jours, mais encore amusante, car prise ...
Héroïque John Nelson

Héroïque John Nelson

L’enregistrement d’une intégrale des symphonies de Beethoven est une œuvre colossale qui demande une parfaite maîtrise de toute la chaîne, de l’interprétation à l’enregistrement. Le premier événement est bien entendu la sortie de cette nouvelle intégrale qui fixe sur l’aluminium un des plus grands joyaux de l’Art Musical ou de l’Art tout simplement. John Nelson est depuis 1998 le directeur musical de l’Ensemble Orchestral de Paris et dirige dans les plus ...
Messe en ut mineur de W.A.Mozart

Messe en ut mineur de W.A.Mozart

Festival de Saint Denis Avec ce Concerto pour clarinette et orchestre et cette Messe en ut mineur se clôt le Festival de Saint Denis. Le cru 2006 aura été excellent, témoignant de la vitalité et de l’exigence de qualité qui animent les organisateurs. Pour ce dernier concert, la basilique royale a résonné de voix jeunes, vibrantes et passionnées grâce au divin Mozart qui fait chanter si merveilleusement les instruments et les humains, ...
Epoustouflant Mardirossian !

Epoustouflant Mardirossian !

Surprenante musique française Année Mozart, suite ! L’Ensemble Orchestral de Paris fête le 250ème anniversaire du compositeur en intégrant à chacun de ses concerts du Théâtre des Champs Elysées un de ses concerto pour piano. Après Ciccolini, Engerer, Braley c’est au tour de Vahan Mardirossian, jeune pianiste arménien de 30 ans, d’exécuter le Concerto n°20, l’un des plus connus et des plus joués. Au programme, aussi, deux compositeurs français qui par leurs ...
Les effluves du sacré

John Nelson dirige L’enfance du Christ à Notre-Dame de Paris

Sous les hautes voûtes résonantes de la cathédrale de Paris, John Nelson, chef titulaire de l’Ensemble Orchestral de Paris abordait une fois encore son répertoire favori en dirigeant L’Enfance du Christ, trilogie sacrée d’Hector Berlioz créée le 10 décembre 1854. On avait pu déjà apprécier, lors des fêtes du bicentenaire de la mort du compositeur, l’engagement du chef anglais pour la musique de Berlioz dont il fut l’un des plus ...
La Création

La Création, soirée d’anthologie au Festival de Saint Denis

On se demandait, ce soir d’avant spectacle d’ouverture du 28 mai, si c’était la belle réputation du Festival de Saint Denis ou l’amour de Haydn qui faisait se déplacer le public, bravant le lumbago inévitable dû aux redoutables chaises en bois au dossier droit de la Basilique. Les petits groupes, attendant l’ouverture des portes, bruissaient, frémissaient, un nom circulait d’une façon lancinante, chuchoté d’un groupe à l’autre, on parlait d’opération, ...

Alcina, cinq ans après …

Georg Friedrich Haendel L’Alcina de Haendel a fait son entrée à l’Opéra de Paris, au Palais Garnier, en juin 1999, avec un quatuor de stars et dans une mise en scène très « mode » de Robert Carsen. Elle y revient cinq ans après avec une distribution complètement renouvelée ainsi que la réalisation orchestrale et dans une version simplifiée, légèrement plus courte. On est revenu à la version originale en supprimant le secondaire ...