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Haendel dignement servi par Pierre Cao

Après une exécution couronnée de succès à Vézelay, Pierre Cao et son chœur venait présenter Israel in Egypt, ce si curieux oratorio de Haendel, au public du théâtre des Champs-Elysées. Un public qui, loin du strass et des paillettes, s’est précipité à ce concert, vu le remplissage de la salle.

Dès l’ouverture on retrouve habitudes d’interprétation de  : gestique épurée, nuances infimes, prononciation exemplaire, mise en place irréprochable, au service d’une lecture on ne peut plus respectueuse du texte. Le chœur , que ce soit dans ses terres bourguignonnes ou à Paris, dans Bach ou dans Fauré, a toujours soulevé l’enthousiasme des rédacteurs de ResMusica venus les écouter. Cette soirée ne dérogera pas à la règle. Que ce soit dans les doubles chœurs, les fugues ou les anthems, les soins apportés à la couleur vocale comme à la musicalité sont exemplaires. D’autant que dans Israel in Egypt les interventions solistes sont plutôt rares.

Nous ne pouvons en dire autant du . L’ensemble sonne certes homogènes, le pupitre des vents, bien sollicités dans l’œuvre, est juste, les timbales n’envahissent pas l’espace sonore… mais le pupitre de second violons déçoit par quelques décalages mal venus. Le plateau de solistes, dont la portion est congrue, est lui aussi inégal. Retenons Julia Doyle et l’excellent James Oxley, et oublions , contre-ténor à la voix éraillée, inaudible dès le bas-médium.

Qu’importe ces réserves, le chœur reste le protagoniste principal d’Israel in Egypt. Peut-être une interprétation dans un lieu plus adapté aurait pleinement rendu justice à une lecture qui ne demande qu’à être immortalisée sur disque. Si le TCE était plein, cette salle est peut-être un peu trop vaste dans sa disposition pour ce répertoire.

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