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Cycle Xenakis / Stravinsky : Perséphone aphone

Suite du cycle Xenakis / Stravinsky, porté par des chefs de renom tels que Pascal Rophé ou Yœl Levi. Place à un autre grand spécialiste de la musique du XXe siècle, , et son «nouvel» orchestre, le , l'orchestre «flamand» de la capitale belge.

Antikhton peut maintenant être oublié. Ballet sans argument pour le New York City Ballet, c'est un déluge non-stop de sons saturés à l'orchestre. Les multiphoniques abondent, on en prend plein les oreilles pendant vingt minutes, sans un instant de répit. La lassitude vient rapidement, malgré le jeu d'espace sonore du à la disposition inhabituelle de l'orchestre.

Perséphone n'est pas la partition la plus marquante de Stravinsky non plus. Œuvre hétéroclite, suscitée par la fantasque Ida Rubinstein – la dernière pièce qu'elle a créé d'ailleurs, elle a été composée lors du «désert créatif» de son auteur, affecté par la tuberculose et pris d'une crise mystique qui l'a poussé à revenir à la religion orthodoxe. Le désaccord avec André Gide n'a pas aidé non plus. Et l'accord texte parlé / musique, au niveau de l'interprétation, a toujours été très délicat.

Une fois encore la mayonnaise n'a pas pris. récite platement le texte certes boursouflé et plein d'emphase de Gide, mais qui regorge de sous-entendus. est dépassé par les évènements dans la partie d'Eumolpe. Fort heureusement il reste les chœurs et l'orchestre. , en excellent technicien de la direction, maintient ses troupes. Le sait rendre l'orchestration diaphane propre à Perséphone. Les deux chœurs réunis ce soir, et la Maîtrise de Paris, ont une prononciation exemplaire qui permet de ne pas perdre une miette du texte. Il ne manquait finalement que deux solistes à la hauteur.

Crédit photographique : © DR

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