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Gala de l’Opéra de Montréal : Trente airs pour nos trente ans

L’Opéra de Montréal, afin de souligner la 14e édition du Gala, rendait un vibrant hommage au Père Fernand Lindsay, fondateur du Festival international de Lanaudière. Il est de coutume, chaque année, d’introniser au Panthéon canadien de l’art lyrique un personnage qui a œuvré en ce domaine. Toute sa vie le Père Lindsay a voulu rendre accessible la musique classique au plus grand nombre ; il en avait fait, en quelque sorte, son second sacerdoce. À titre posthume, c’est plus qu’une consécration, c’est une béatification. Autre particularité du Gala 2009, la présence sur scène de trois chanteuses non-professionnelles, finalistes du concours L’Apéro à L’Opéra. Décidément, la démocratisation de l’opéra n’est plus un vain mot. C’est qui a remporté la palme et fera une «apparition » dans Tosca.

De plus, pour souligner ses trente ans, la compagnie a mis au programme trente airs tirés du grand répertoire. Parmi les nombreux chanteurs, soulignons d’emblée la présence de , comtesse magistrale dans «E Susanna non vien… Dove sono» des Noces de Figaro de Mozart, malgré l’annonce d’une indisposition, que nul n’a remarquée. Ainsi que dans le trio du 3e acte du Chevalier à la rose, «Hab mir’s gelobt» accompagnée de et , émouvant à donner le frisson. Autre moment divin, , dans l’air des clochettes de Lakmé, pourtant un opéra que les mélomanes ont pu entendre récemment, ce qui ne les a pas empêchés d’applaudir à deux reprises avant la fin de l’air. Toujours dans Lakmé, soulignons le duo des fleurs, «Viens Mallika…Sous le dôme épais, le jasmin» accompagnée par . D’autres voix intéressantes, entre autres, celle de dans un air de Manon de Massenet, «Allons, il le faut…Adieu notre petite table» d’une justesse et d’une retenue exemplaires dans les sentiments. Gaétan Laperrière, toujours aussi solide dans «Vision fugitive» d’Hérodiade de Massenet. On ne pourrait passer sous silence , voix sublime dans l’air «O sainte médaille…Avant de quitter ces lieux» de Faust de Gounod. Afin de n’oublier personne, Marie-Josée Lord, pour sa présence sur scène et son aplomb dans Porgy and Bess, «My man’s gone now», dans La Rondine, «Ch’il bel sogno di Doretta». dans le finale du 1er acte de Turandot avec Marie-Josée Lord, , , , et la participation du chœur de l’OdM. qui revint à la fin de la deuxième partie avec l’air «Le Vaisseau d’or», de l’opéra Nelligan d’ / . Enfin, Marianne Fiset, dans l’inévitable «O mio Babbino caro» de Gianni Schicchi de Puccini et Annamaria Popescu, vibrante d’émotion dans Eugène Onéguine, «Jan ye sposobna k grusti tomnoy», de Tchaïkovski.

Le chœur de l’Opéra de Montréal, d’une précision exemplaire, sous l’œil vigilant de Jérémie Pelletier a donné dans l’entracte de Carmen «Les voici, voici la quadrille» de Carmen de Bizet, les allures de fiesta. Très émouvant «Va pensioro» de Nabucco de Verdi et toujours aussi impliqué dans Tosca, le «Te Deum» avec en Scarpia. On aurait aimé plus de vigueur de la part du chef d’orchestre qui, menant les forces de l’, semble constamment retenir la bride d’un coursier fougueux.

Crédit photographique : © Yves Renaud