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Matthias Goerne, Daniele Gatti, rendez-vous de titans

Une soirée Mahler clôt la collaboration exceptionnelle de l’ avec et poursuit l’intégrale du compositeur entamée par à la rentrée.

Intime du cycle Des Knaben Wunderhorn, enregistré avec Chailly et le Concertgebouw en 2003, Goerne approfondit ici la diversité des climats avec le raffinement qu’on lui connaît. Le soin qu’il apporte au détail – diction, nuances, legato – est d’autant plus évident que l’orchestre s’en dispense, que l’équilibre avec le soliste est précaire et le dialogue esthétique, laissé en chantier. Mais Goerne construit vaillamment, passionnément son univers : l’urgence du sentiment ne laisse jamais le drame s’essouffler. Il aiguise le rythme, le caractère, et son corps à corps avec le texte nous plonge dans une réalité, amère ou contemplative, qui nous happe à notre insu.

Métamorphose inespérée de l’orchestre en deuxième partie dans la Symphonie n°1. Après les infinies subtilités de , l’orchestre prouve être à la hauteur d’une même exigence. Gatti excelle dans cet univers auquel il donne une transparence, une cohérence – tempi et style – et une jeunesse inouïes. Avec quelle conviction et quelle souplesse l’orchestre s’abandonne à l’esprit viennois au grotesque ou à la mélodie! Chaque solo, chaque thème trouve ici son plein épanouissement. On ne saurait trop conseiller de suivre l’intégrale de Gatti dans Mahler qui sait éveiller en cet orchestre les sonorités somptueuses et la musicalité qui le placent parmi les meilleurs du répertoire… une vraie révélation.

Crédit photographique : © Marco Dos Santos

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