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Le symphonique, un long fleuve tranquille ? Certes non !

Orchestre d’Avignon-Provence

Qui donc eût pensé qu’une soirée symphonique ne fût pas un long fleuve tranquille ? Le programme de ce vendredi soir allait nous faire redécouvrir un répertoire peut-être moins connu du grand public, et , encadrés par ces deux grands classiques que sont Ravel et Mozart.

Mais ce fut pour beaucoup une découverte que de passer d’une formation de dix instruments à vent, debout autour du chef – pour Milhaud -, au tutti avec piano solo en avant-scène – Ravel -, puis à deux demi-orchestres en quasi-stéréo avec piano et timbales au centre – Martinů -, et enfin à une configuration plus classique pour Mozart. Nous ne savions pas non plus que, pour meubler les interminables mouvements de sièges et pupitres opérés par les techniciens, le chef se transformerait en intervieweur facétieux du pianiste solo, son ancien condisciple à la Julliard School de New-York, … et peut-être son futur concurrent dans la direction d’orchestre ! Ni que celui-ci se prêterait avec la même souriante désinvolture à l’exercice !

L’indice de satisfaction de la soirée fut mitigé pour la première partie malgré l’excellence de l’Orchestre d’Avignon-Provence : la Petite Symphonie n°5 de Milhaud, très courte, relevait plus d’un exercice d’école que d’une pièce de concert, et le pianiste dans le Concerto en sol a été très diversement apprécié ; alors que nous-mêmes étions sensible à la délicatesse de son interprétation, d’autres spectateurs ont déploré a contrario un martèlement vraiment désagréable.

En revanche la seconde partie a été parfaite. La puissance cosmique de Martinů, l’angoisse prégnante du Double Concerto – écrit en 1938, elle témoigne d’une inquiétude grandissante – tout autant que l’élégante rigueur de Mozart (La Symphonie n°35 a été une des rares œuvres dirigées par Ravel en tant que chef d’orchestre), ont été magnifiquement servies par l’Orchestre, auquel s’était joint aussi, en concertiste, le soliste de la première partie.

Crédit photographique : © Antoine Le Grand / Naïve