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Thaïs comme au cinéma avec Fleming et Hampson

On se doute avant même de glisser le DVD dans son lecteur que cette Thaïs sera à l’opéra l’équivalent du blockbuster au cinéma : un solide travail à l’américaine, soigné, avec une mise en scène esthétique bien sage, et des stars à la pelle. Et en effet, rien n’y manque : jolis décors dans des couleurs crues, costumes luxueux, et une direction d’acteurs classique, sans la moindre trace de ringardise, ce qui pour le Met, est déjà beaucoup. Mais quand même, l’héroïne traverse le désert sans un seul cheveu décoiffé, ni un faux-pli à la robe ! Le Met se paie même le luxe d’inviter Plàcido Domingo pour résumer l’action au début des actes, et animer les bonus.

On trouve également un des plus beaux orchestres du monde, sous la direction mœlleuse de Jesús López-Cobos, avec un violon fondant à souhait pour la célébrissime Méditation. Quant aux célébrités, elles répondent bel et bien à l’appel : l’Athanaël de , toujours aussi stylé, mais dont la voix est à présent bien usée, l’improbable Nicias de , lui aussi un peu vieilli, le Palémon de l’immense , qui aura longtemps attendu la consécration américaine. Les petits rôles sont excellemment distribués, tout particulièrement une Crobyle et une Myrtale de rêve.

Comme quand on va voir un blockbuster au cinéma, on sait d’avance qu’on prendra un plaisir sans surprise lors de la représentation. Et comme dans certains d’entre eux, très peu, les meilleurs, on sera ravi, ému, ou même touché par la grâce, comme celle de la radieuse . Incroyablement amincie, divine dans les robes que a dessinées exprès pour elle, on la retrouve telle qu’en ses meilleurs jours. Fini les affreux effets expressionnistes dont elle émaillait parfois ses prestations, la voix est redevenue mœlleuse, crémeuse comme jamais, les aigus lumineux, et l’actrice aussi belle que voluptueuse. Pour elle, à voir, revoir, écouter, réécouter, et chérir toujours.