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Mendelssohn du choral à l’oratorio, nouveau pari pour Laurence Equilbey

La musique sacrée de , voici encore un nouveau pari pour  : si ce répertoire est bien implanté dans les pays anglo-saxons, il n’éveille guère d’attente chez nous. On y trouve pourtant des richesses insoupçonnées, à commencer par ces pièces écrites en Italie aux alentours de 1830, lorsque Mendelssohn terminait ses études par un tour de l’Europe. Des œuvres d’une envergure limitée, pas mémorables sans doute (le compositeur ne s’est pas soucié de les faire publier), mais d’une qualité indéniable. Mendelssohn venait juste de ressusciter la Passion selon Saint-Mathieu, et son style est naturellement pétri de l’exemple de Bach, mais il sait se montrer spontané et original quand il s’agit d’exprimer le sentiment religieux d’un choral : c’est l’accompagnement qui, variant à chaque strophe, module et amplifie la majesté du chant. Le travail des textures et des équilibres est déjà remarquable. Schumann compara ainsi le lumineux Verleih uns Frieden à une Madone de Raphaël.
Christus date des années de maturité et donne cependant une impression d’imperfection qui n’est pas due seulement à son caractère fragmentaire. Du grand oratorio projeté sur le modèle du Messie, on ne possède qu’un épisode de la Nativité et le dialogue entre Pilate et la foule des Juifs, suivi d’un chœur de lamentation des Filles de Sion. Malgré les beautés de ces passages, notamment la joie sereine du chœur sur l’étoile de Jacob, on sent que l’auteur n’a pas pu leur conférer une profondeur supplémentaire.
apporte à ces œuvres ferveur, abondance d’idées et adéquation du style. L’enregistrement de ce programme,  laisse présager des progrès pour la cohérence des pupitres et l’équilibre général. Pour le moment, les cuivres sonnent lourdement et les violons flottent dans les passages ornementaux que leur réserve Mendelssohnn, par exemple les traits figurant les rayons de gloire dans Vom Himmel hoch, ou encore les ondoiements de O Haupt voll Blut. Le chœur demeure un peu indistinct face à l’orchestre, mais il paraît irréprochable, d’une grande pureté d’intonation et de couleurs. Parmi les solistes, tous trois excellents, les interventions de offrent de véritables instants de grâce.

 

Crédit photographique : Laurence Equilbey © Laure Vasconi

 

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