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Brahms mérite bien mieux !

Quelle déception ! Quelle déconvenue ! Deux pianistes, parmi les plus doués, ne parviennent pas à conférer à la musique de Brahms,  tout ce qui en fait la saveur, l’inventivité et la beauté.  En un mot, sa valeur intrinsèque universelle. L’enregistrement de l’opus 52, baptisé Liebeslieder-Walzer (créé en 1869) et de Dix  Danses hongroises dans sa version pour piano à quatre mains (publiées en deux cahiers en 1869 et 1880), se déroule lors de la Folle Journée de Nantes 2011. Alors, manque de préparation, précipitation ou désintérêt ?

Ce rendez-vous manqué nous paraît bien regrettable quand  on sait combien et , séparément et ensemble, ont apporté depuis bien des années  la preuve de leur tempérament musical du plus haut niveau par le biais  de leurs prestations très réussies, seuls ou en compagnie d’excellents musiciens. Les Valses d’amour stagnent et s’ennuient dans une expression prosaïque, sans les nuances et le charme exigés par le texte et l’esprit du maître allemand. Un piano à la sonorité assez quelconque et une lecture quasiment en  direct, manquant du raffinement si typique du charme viennois,  achèvent de nous rendre circonspects. Les Danses hongroises ressortent mieux et la séduction opère avec un jeu débarrassé de tout esprit de sérieux. Engerer et Berezovsky prennent manifestement plaisir  mais il en faudrait bien davantage pour que cet entrain et  cette bonne humeur suffisent à emporter totalement l’adhésion. En réponse à la crise du classique en général, et du CD en particulier, et à  l’abondance d’accès Internet, il devient obligation de proposer et de présenter des enregistrements particulièrement peaufinés et irréprochables.