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Debussy concertant chez Naxos

En complément de son intégrale des œuvres pour  orchestre de Debussy, et l’orchestre de Lyon se confrontent aux partitions avec instruments solistes du compositeur. L’initiative est éditorialement pertinente car, pour l’instant, aucun disque regroupant ces pièces sur un même album, n’avait été publié sur le marché (pourtant pléthorique)  du disque et le choix des solistes confronte des valeurs sûres et des musiciens à l’orée de leur carrière.

Mais le défi était surtout du côté orchestral avec une phalange qui a soufflé le froid (polaire) et le tiède lors des six précédents volumes de cette intégrale Debussy. Galvanisé par la présence de solistes prestigieux (Thibaudet, Meyer) et moins exposé que dans les œuvres purement orchestrales, l’orchestre lyonnais fait bonne figure. On peut tout de même pointer une cohésion d’ensemble un peu débridée et un fini instrumental qui fait penser aux gravures des orchestres français temps passés   (Société des concerts du Conservatoire ou orchestre de la Radiodiffusion). Märkl ne cherche pas à faire l’esthète raffiné et cultivé et il livre un accompagnement un peu brut dans ses côtés campagnards et paysans.

Les solistes ne sont évidemment pas pris en défaut de carences techniques. Thibaudet envisage la Fantaisie comme une ballade avec orchestre au ton simple et  lumineux des promenades à travers les chants, un peu dans le prolongement de la Symphonie cévenole de d’Indy dont il grava une très belle version (avec Dutoit pour Decca). Sa lecture est aux antipodes de celle de Jean-Efflam Bavouzet (Chandos), qui recherchait déjà toute la science de l’écriture debussyste dans cette partition. Les deux rapsodies  n’apparaissent en rien comme des chefs d’œuvres, mais jouées avec la compétence de et d’Alexandre Doisy,  elles s’imposent comme des moments subtils de poésie. Quant à , il fait honneur, par sa musicalité et sa sensibilité, à l’école française de la harpe.

Ce volume concertant est, de loin, le plus recommandable de cette série Debussy plutôt décevante. En tous cas, son choix éditorial en fait un complément de choix à nos discothèques saturées de Mer(s) ou d’Images.