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Riccardo Muti embrase Montpellier

Les concerts affichent complet depuis plusieurs mois. Et pour cause ! Chaque – rare- venue de en France est un événement. Et depuis le Requiem de Cherubini au Festival de Saint-Denis, le Maestro n’avait plus dirigé dans l’Hexagone. Jean-Paul Scarpitta en invitant dans « son » opéra un des monstres sacrés actuel de la direction d’orchestre frappe donc fort. Œuvre magistrale, plateau vocal de « stars », tout est réuni non seulement pour que la salle soit comble mais surtout pour que le succès soit au rendez-vous.

L’Orchestre national de Montpellier est comme tous les grands orchestres français : capable du meilleur comme du pire, selon l’humeur du jour, le physique du chef, le sens du vent, la température de l’air, etc. Avec non seulement pas une croche ne dépasse, mais le pupitre de cordes sonne soyeux comme jamais, les cuivres sont grandioses sans être tonitruants, la petite harmonie ne pêche pas par acidité. Bref l’ensemble est homogène, précis, et en plus – ce qui ne gâche rien – terriblement musical (mention particulière au basson solo de Magali Cazal, excellente dans le « Quid sum
miser
 »).

Pour ce Requiem de Verdi dirigé par Muti, le plateau vocal se devait d’être formé de ce qui se fait de meilleur. assume pleinement sa partie de soprano – si ce n’est peut-être un vibrato un brin envahissant – et livre un Libera me final dramatique à souhait.  reste curieusement impassible sur scène alors que sa voix délivre une émotion clairement perceptible – malgré quelques aigus de plus en plus tirés. (qui, avec Borodina, a enregistré cette œuvre sous la direction du Maestro) nous soulage du bellâtre hurlant habituel pour une interprétation toute en finesse. Enfin , vieux routier de la partition, offre une lecture traditionnelle et solide. Le chœur, probablement le principal « soliste » du Requiem de Verdi, est d’une qualité exceptionnelle.

Riccardo Muti ne déroge pas à la règle d’une lecture du Requiem dramatique, véritable fresque sonore narrative, donnant presque raison à Hans von Bülow (« Un opéra en habits ecclésiastiques »). Porté par un tel souffle épique, le spectateur sort un peu sonné au bout de cette heure et demi de musique. Mais visiblement il en redemande, avec presque trente minutes de rappels.

Crédit photographique : Riccardo Muti © Chicago Classical Review

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