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Berio par Edward Gardner

Le jeune chef d’orchestre anglais , sous contrat avec Chandos, construit, pas  à pas, une discographie du plus grand intérêt. Au lieu de nous rabâcher son Mahler ou son Tchaïkovski, il se consacre à construire des piliers discographiques solides dédiés à Lutoslawski ou Britten ! Enregistré avec l’excellent , cet album est intégralement consacré à des orchestrations et arrangements de .  On espère que ce volume sera la base d’une future intégrale consacrée à ce compositeur.

Tout au long de sa carrière, le compositeur italien aura été passionné par le collage et la transcription. Rendering d’après Schubert se base sur les esquisses de la Symphonie n°10. Au lieu de chercher à terminer l’œuvre  inachevée par son auteur (à l’image du musicologue Brian Newbould), Berio relie les esquisses par des passages de sa composition. On passe alors, via un saut temporel presque intergalactique, de l’art nostalgique  schubertien  à la métamorphose épurée de Berio. Ce mix, consensuel, d’ancien et de moderne, est plébiscité par les chefs d’orchestre. Ce nouvel enregistrement est le huitième de cette partition après ceux de : Christoph Eschenbach (par deux fois à Paris-Ondine et à Houston-Koch), Hubert Soudant (Oehms), Jonathan Nott (Tudor), Philippe Bender (Dom), (RCA) et Riccardo Chailly (Decca). Pour une partition, « composée » en 1989, c’est presque un phénomène de société ! cerne parfaitement le propos de cette pièce hybride, soignant les passages modernistes par un geste à la fois précis, souple et transparent et faisant sonner avec brio, l’orchestre de Schubert de manière ample mais jamais pesante !

Changement d’ambiance  avec les teintes ombragées de la Sonate n°1 de Brahms. Commandée par la société philharmonique de Los Angeles, cette orchestration transpose le chef de Brahms à l’orchestre avec quelques touches du compositeur. , star anglaise de la clarinette, fait ce qu’il faut pour faire ressortir la sève, toute romantique, de cette superbe pièce.

En 1987, Berio orchestra à la demande de l’orchestre de Parme, une sélection de lieder de jeunesse de Mahler, que ce dernier n’avait pas orchestré. La luxuriance et la fraicheur de l’orchestre de Mahler éclate dans ce travail  caractéristique de l’amour que le compositeur italien portait à son  ancêtre. Cette lecture brille par le timbre juvénile et corsé du baryton et par le soin apporté au chef à la beauté des textures.