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34e Festival de Sablé, entre renouvellement et continuité (2)

Dernière journée de l’édition 2012 du Festival de Sablé.

Invité pour la première fois, et son se produisaient en ce samedi 25 août dans la Basilique Notre-Dame du Chêne, à Vion, dans un programme de circonstance, un hommage à la Vierge à travers des motets italiens (Litanie della beata Vergine, Salve Regina, Magnificat…) peu connus composés par Monteverdi, Melani, Bencini, Carissimi et (XVIIe et première moitié du XVIIIe siècle). Ce programme reprenait d’ailleurs en grande partie un album paru chez Naïve en 2011 (intitulé Per la Vergine Maria), Melani ayant par ailleurs été mis à l’honneur par ces interprètes dans un disque monographique publié en 2010. L’ensemble Italien, ici neuf chanteurs avec un accompagnement instrumental réduit à deux théorbes et orgue positif, fait forte impression. À la fois solistes et tuttistes selon l’effectif des pièces (à un ou deux chœurs, quatre, six, huit, neuf voix), les chanteurs délivrent de magnifiques couleurs vocales dans la polyphonie, portés par la direction précise, claire et expressive de . Cette musique subtile, recueillie, sophistiquée, parfois un peu austère, s’apprécierait néanmoins encore mieux entrecoupée de quelques pièces instrumentales. En bis, a la bonne idée de proposer au public venu nombreux tout à fait autre chose, un extrait « planant » (O Nata Lux) du Lux Aeterna (1997) de .

Dernier concert de cette édition du Festival de Sablé, le rendez-vous proposé en deuxième partie de soirée au Centre Culturel par plusieurs ensembles baroques réunis pour interpréter des concertos pour violon de (trois originaux, trois reconstitués), une initiative originale que l’on devait à , violoniste et directrice musicale de l’ensemble Les Dominos. Défilaient donc successivement et dans le concerto BWV 1056 (version pour violon de ), et Stradivaria dans le Concerto pour violon BWV 1042, et son ensemble dans le Concerto pour violon BWV 1041, enfin , et Gli Incogniti dans le concerto BWV 1052 (version pour violon de ). En deuxième partie de programme, les deux solistes masculins et des membres de leurs ensembles respectifs se retrouvaient dans une reconstitution pour deux violons du Concerto BWV 1060 (qu’on connaît surtout dans sa version pour violon et hautbois), auxquels succédaient les deux solistes féminines dans le Concerto pour deux violons BWV 1043. Sans vouloir hiérarchiser ces interprètes, le répertoire, archi rebattu ne supporte guère une justesse approximative, un accompagnement routinier. La satisfaction vient donc surtout des deux ensembles menés du violon par Florence Malgoire et . Outre la présence du théorbe dans leurs ensembles respectifs donnant une couleur particulière à l’accompagnement, des instrumentistes semblant plus investis, les deux jeunes femmes font forte impression (dynamique, swing, musicalité…). La palme revient néanmoins à , confondante de facilité, de justesse stylistique. Le public ne s’y trompe pas et offre à juste titre une ovation à la musicienne, habituée des lieux, qui refermait de bien belle manière cette nouvelle édition du Festival de Sablé.

Crédit photographique : Amandine Beyer © DR

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