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Le Dvořák fulgurant de Claus Peter Flor

Le chef d’orchestre allemand poursuit avec son parcours à travers le cœur de répertoire Mitteleuropa à la tête de ses musiciens malais. 

Ce présent volume place toujours la barre très haut avec une lecture démentielle du poème symphonique Le Rouet d’or. Dans cette partition, le chef impose une tension ultra-dramatique, faisant de cette partition de près d’une demi-heure, un opéra en miniature avec ses paroxysmes orchestraux.  La force d’ensemble de l’orchestre asiatique, conjuguée à des pupitres d’une précision redoutable, emmène l’auditeur à travers les bois fantomatiques de la Bohème. On connait certes de grandes interprétations, mais aucune ne propose un tel vécu narratif et une telle prestation instrumentale.

On reste sur les mêmes cimes avec une lecture exemplaire de la Symphonie n°8. A l’inverse de la plupart des chefs germanophones, réussit à ne pas transformer cette partition en un ersatz de Brahms (à ce titre-là Karajan reste rédhibitoire de mauvais gout…). Le chef restitue les climats rêveurs des campagnes mais il cisèle et fignole le discours tout en gardant le contrôle des flux. L’orchestre de Malaisie se montre encore à la hauteur de l’enjeu avec ses bois d’anthologie.

En feu d’artifice final, le chef dynamite le pétaradant Scherzo Capriccioso, pièce de démonstration des anthologies orchestrales. Au fil des disques, on ne peut qu’admirer la science orchestrale, les fulgurances interprétatives de Claus-Peter Flor et la qualité de son orchestre. Avec l’orchestre de São Paulo, la philharmonie de Malaisie est l’autre grande affirmation symphonique mondiale des années 2000-2010. La mondialisation de la musique se porte bien.

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