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Von Dohnányi transfigure Bartók à Paris

La venue de Christoph von Dohnányi, un des rares « monstres sacrés » de la direction d’orchestre, est en soi un événement. Avec Mendelssohn et Bartók il est dans son élément et sait faire sonner un en très grande forme.

Sa vision de la Symphonie italienne de Mendelssohn s’inscrit dans la tradition : orchestre étoffé, tempos modérés, brillance et virtuosité mises en valeurs. Aucun relâchement, aucun temps mort, de l’énergie à revendre et un son orchestral plein. Si les lectures « dégraissées » et sans vibrato ont permis de découvrir un nouveau Mendelssohn, ce genre de lecture, plus usuelle, trouve dans une telle réalisation toute sa justification.

Changement d’atmosphère avec Bartók et son Château de Barbe-Bleue. L’orchestre, bien que très fourni, ne couvre jamais les voix.  sait doser volumes et plans sonores et maîtrise totalement l’orchestre. Coté voix, l’excellent côtoie le correct. est une grande Judith. Outre une voix forte en décibels, elle ne fait qu’une bouchée de la tessiture impossible du rôle et on lui pardonnera volontiers ses mimiques empruntées. Face à elle peine dans le rôle de Barbe-Bleue, prévu pour un baryton-basse alors qu’il n’est que baryton : les graves sont escamotés et la projection trop souvent courte. On l’a connu plus en forme dans d’autres répertoires.