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Charles Bordes : mélodies et œuvres pour piano

, cadet d’un an de Debussy, eut le même professeur de piano que ce dernier au Conservatoire de Paris : Antoine-François Marmontel. Il étudia également l’écriture et l’orgue avec César Franck. Fondateur de la Schola Cantorum à Paris, proche de Vincent d’Indy, il connut la gloire du temps de la Société Nationale de Musique grâce à Franck, puis à d’Indy qui prit les rênes à la mort du maître. Par ailleurs, sa belle-sœur Léontine Bordes-Pène (épouse de son frère Lucien qui était violoncelliste à l’Opéra de Paris) était la pianiste favorite de Franck et de d’Indy. Voilà en résumé la situation qui entourait ce compositeur aujourd’hui oublié.

Sur le plan musical, les œuvres pour piano présentées ici introduisent des éléments rythmiques folkloriques, notamment du Pays basque (il a été chargé par le Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts d’une étude des sources du chant populaire basque), qui devaient constituer à l’époque une grande nouveauté – ou du moins une grande curiosité –, mais le développement mélodique est assez pauvre, ce qui suscite dans l’ensemble un sentiment mitigé sur la créativité du compositeur, bien que tranche le rythme avec une extrême clarté. En revanche, ses mélodies sur des poèmes de Verlaine, composées dès 1884 (à l’âge de 21 ans), renferment une grande richesse et un extrême raffinement, avec des nuances infiniment variées que nos chanteurs exécutent avec soin. La musique reflète ainsi l’originalité créative du poète, dans des harmonies subtiles et délicates. Cependant, la voix de la soprano est parfois étouffée ou forcée, impression sans doute provoquée par une prise de son relativement sèche, mais aussi par une diction très floue. Celle de sonne plus large et plus claire. Ces mélodies ont souvent un caractère sérieux, contemplatif et grave, mais le baryton excelle dans le joyeux Dansons la gigue.