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Patricia Kopatchinskaja au sommet de son art

La violoniste moldave est au sommet de son art quand elle fréquente des pièces de musique contemporaine et on se souvient ainsi d’un très bel album Col Legno consacré à des pièces concertantes. La musicienne semble trouver, dans la musique de son temps, un exutoire à une personnalité hors norme. Elle s’y montre bien plus à l’aise que dans le répertoire traditionnel de son instrument où ses options interprétatives radicales se situent très souvent aux frontières du très mauvais goût. On se souvient ainsi d’une lecture désastreuse de la Sonate « à Kreuzter » de Beethoven.

En ouverture de disque, la musicienne se jette, brides abattues, dans le Concerto n° 2 de Bartók. La violoniste tire un son hurlant et enragé de son instrument. Son Bartók, angoissé et étouffant, ne laisse pas une minute de répit à l’auditeur. On admire ce tempérament qui prend des risques insensés et se retrouve, plus d’une fois, aux limites du décrochage. Face à elle, le placide impose un carcan bien sonnant mais un peu raide, comme pour contenir les mugissements de sa soliste. Certes, la discographie est barrée par des références magistrales, mais cela fait longtemps que l’on n’a pas entendu un tel feu d’artifice de propositions interprétatives. Au moins, le violon de Kopatchinskaja attire l’oreille et ne l’endort pas…

Composé en hommage aux astronautes de la navette Columbia, Seven pour violon et orchestre de est une superbe partition qui explore toutes les possibilités expressives du violon. Le talent narratif de la soliste s’avère aussi particulièrement exploité au fil de l’œuvre, à travers de plantureuses cadences. Les climats orchestraux, très évocateurs, sont un écrin subtil et poétique au chant du violon.

Grand classique du violon contemporain, le Concerto de , devient, sous les doigts de la jeune musicienne, un rêve instrumental, tel une ballade ensoleillée à travers ses nombreuses influences : du Moyen Âge aux temps présents.  Toujours en verve, fait virevolter les notes et transcende les mélodies. On a rarement entendu interprétation plus endiablée et ensorceleuse de ce chef d’œuvre.

On ne peut que saluer l’originalité, et l’intelligence du programme et surtout ses hautes qualités artistiques.