ResMusica - Musique classique et danse
- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Le Barbier de Séville en version de concert à Paris

Cela faisait, sauf erreur, douze ans que n’avait pas été donné au Théâtre des Champs-Elysées le célèbre opera bouffa de Rossini tiré du Le Barbier de Séville de Beaumarchais. Proposé en version de concert par l’, cette production était l’occasion de retrouver Sir , actuellement premier chef invité de la formation parisienne. Si l’on apprécie la finesse de sa direction, contrastée, on regrette une approche pleinement assumée qui tire Rossini vers Mozart, la prééminence du staccato, l’usage du vibrato a minima, qui entraîne une certaine sécheresse dans la sonorité de l’orchestre. Le pianoforte ayant été positionné au premier plan de la scène, on aurait par ailleurs pu espérer un continuo plus inventif.

Du côté de la distribution, on attendait Antonino Siragusa en Comte Almaviva, c’est finalement le jeune , sorti en juillet 2012 de l’Atelier Lyrique de l’Opéra National de Paris, qui le remplaçait. Ce dernier pour qui c’était semble t-il une prise de rôle offre au public une belle prestation. S’il peut sembler un peu léger vocalement, la beauté du chant, le sens de la musicalité, du théâtre appelle tous les compliments. C’est d’ailleurs le cas pour l’ensemble des solistes réunis. Le baryton est impayable en Figaro, dégageant une aisance, une bonhomie qui convient bien au rôle. incarne bien le tuteur de Rosina, Bartolo, faussement dupe de voir la jeune fille lui filer entre les mains. Pour chanter le rôle de Rosina, la production avait fait appel à une des jeunes sopranos dont on parle actuellement, , dont le premier récital consacré à Rossini (chez Naïve) augurait du meilleur. On ne fut pas déçu devant la maîtrise de la soprano, qui outre son joli grain de voix, son aisance à vocaliser, fait valoir de solides médiums, indispensables au rôle de Rosina. Le seconds rôles sont également bien tenus et participent au succès de cette soirée, même si les chanteurs sont plus convaincants dans les airs, duos que dans les ensembles en fin d’acte (légers problèmes d’équilibre, de mise en place).