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Conte musical du Bazar Circus, réussite complète

Après un Erik Satie remarquable de rêverie (Monsieur Satie, Clef ResMusica), un Frédéric Chopin tout en sensibilité (Monsieur Chopin), et un détour par le jazz (Swing Café), revient à la musique classique, celle joyeuse, valsante et pétaradante de Chostakovitch, Khatchatourian mais aussi celle de Satie et Milhaud, à travers l’histoire du Bazar Circus.

Ce nouvel opus est une réussite complète, propre à susciter l’imaginaire des enfants de 8-12 ans et dont l’articulation entre la narration (par Dominique Pinon), les illustrations et la musique est suffisamment inventive et enlevée pour retenir leur attention durant la demi-heure de l’ouvrage. A l’heure où les enfants – comme les parents – sont obsédés par l’interactivité des écrans, la réussite n’est pas mince.

Et de même que Voltaire dans ses contes emmenait ses lecteurs dans un orient de fantaisie pour mieux lui parler de la France, donne à son Bazar Circus une apparence d’exotisme pour mieux nous parler de nous. Comme dans tous les bons contes, la gravité du monde d’aujourd’hui n’est pas loin : ainsi quand le cirque est chassé par le roi, l’officier lance aux artistes qu’ils sont Roms et qu’ils sont bannis. Dans le pays voisin qui les accueille, les saltimbanques sont surpris car les gens se disent tous bonjour et dansent « la belle gigue ». Nos amis belges auront tôt fait de faire le lien avec leur propre sens de l’hospitalité et avec la chanson La belle gigue, ode à la Belgique d’André Bialek. L’illustratrice Isabelle Chatelard décline l’étoile rouge (soviétique) et les couleurs bleu-blanc-rouge de manière à évoquer les bannières françaises, américaines, pour mieux souligner ce que le cirque a de populaire, d’ancré dans les nations et aussi d’universel.

A la réalisation musicale, c’est également un sans-faute dans le choix des musiques et des versions : Parade de Satie par l’Orchestre de la ORTF par Manuel Rosenthal, la Danse du sabre d’ par lui-même, ou encore la Valse n°2 de tirée de la Suite pour orchestre de variétés par l’Orchestre de la Garde républicaine (il avait été le premier à enregistrer cette célébrissime valse sous son vrai nom, jusqu’alors elle avait était associée à tort à la Jazz Suite n°2). Ah que l’on aime quand un livre musical pour enfants soigne tous les détails comme si nous étions des grands !