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Festival d’Ile-de-France : Liebeslieder de haute voltige pour l’Ensemble Aedes

Chanter l’amour sous toutes ses formes : tel était le programme proposé par l’ pour le Festival d’Ile-de-France qui mettait donc à l’honneur trois figures majeures du romantisme allemand. Avec les Sechs lieder de Mendelssohn, on abordait d’emblée un répertoire redoutable, tant au niveau de la direction que de l’intonation – avec ce risque permanent d’un timbre un peu « criard » dans les aigus mais c’est avec une aisance évidente que Mathieu Romano évite ces écueils. Plus encore, on remarque très vite l’excellente diction du chœur, à la fois claire et expressive ; qualités qui se vérifieront tout au long du concert. Chez Schumann, l’amour se veut plus tourmenté à l’instar de la polyphonie, aussi complexe que raffinée. À aucun moment pourtant la richesse harmonique des Romanzen und Balladen n’a parut être un problème, au contraire, le phrasé limpide rend l’écoute d’autant plus facile et agréable. En guise d’intermède, et nous offraient ensuite trois danses hongroises, aussi contrastées que pleines d’esprit, qui amenaient intelligemment les Liebesliederwalzer opus 52 et 65, véritables joyaux qui ne laissèrent personne indifférent.

Grâce au parfait équilibre sonore entre le chœur et les deux pianistes, on a pu pleinement savourer le génie de Brahms : l’écriture pour piano à quatre mains, plus qu’un faire-valoir délicat, était un réel moteur pour le chœur qui a fait preuve ici d’une maîtrise exceptionnelle -assurément, l’ mérite une belle place dans le paysage français. On saluera enfin l’investissement et le sourire des interprètes qui ont fait de ce concert dominical un joyeux moment de musique et partage. Pour les aficionados, sachez que l’Ensemble Aedes sera à l’affiche de La Vestale de Spontini au Théâtre des Champs-Élysées, du 15 au 28 octobre.

Crédit photographique : Ensemble Aedes © Laurence Navarro