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Verbier Festival 2014 : entre récital et symphonie

Le lancé, la manifestation impose déjà un rythme soutenu avec plusieurs concerts « in » et « off ».  Le « in »  de ce samedi proposait une succession d’affiches luxueuses : Arabella Steinbacher, Christian Zacharias, , Anne-Sophie von Otter et .

Professeur à l’académie du festival, le baryton inaugurait la série des concerts d’après-midi intitulés « une heure avec ». Le chanteur accompagné par proposait un parcours à travers les mélodies anglaises de Joseph Haydn, Michael Head, Frank Bridge, Ralph Vaughan-Williams et George Butterworth. La grande connaissance de la littérature anglaise et le talent de conteur du grand chanteur séduisirent le public, essentiellement anglophone, venu acclamer leur baryton favori, récent récipiendaire de la Médaille pour la Musique, décernée par la reine Elisabeth II.

Après l’entrée en lice du , c’était au tour de l’Orchestre de chambre de se produire sur la scène de la salle des Combins. L’Orchestre de chambre, composé d’anciens musiciens de l’orchestre du festival, est le faire valoir de prestige du car il se produit lors de tournées annuelles, afin de porter, à travers les pays, le nom et la renommée du festival. Mené par Gabor Takács-Nagy, son directeur musical, il débutait ce concert par une création mondiale de  : « Moscou-Petrushki », fragment dramatique pour orchestre. Dans cette partition, on retrouvait toute la marque du compositeur : humour acide et maîtrise totale de la science orchestrale. Tiré d’un texte de l’écrivain russe , ce petit morceau de musique se veut anti-héroïque et opposé à la grandeur épique de la Symphonie n°3 de Beethoven qui clôturait le concert. Très en forme, le chef d’orchestre lançait ses troupes dans une interprétation juvénile et énergique du chef d’œuvre de Beethoven. Gabor Takács-Nagy pouvait compter sur des instrumentistes concentrés et inspirés, en dépit de quelques petits accrocs techniques. Mais cette lecture, solide et cohérente, avait tout pour enthousiasmer le public.

Après Martha Argerich, c’était au tour d’une autre légende du piano de se produire en concerto : . Le pianiste se confrontait au Concerto n°24 de Mozart. Dès le début de « l’Allegro » introductif, le ton se voulait chambriste, avec les chefs de pupitres des vents réunis autour de Gabor  Takács-Nagy pour dialoguer et échanger avec le soliste. Dans ce concerto, plutôt triste et nostalgique dans ses thèmes et mélodies, l’interprétation du pianiste trouvait l’équilibre idéal. Certes, la digitalité de Stephen Kovacevich, n’est plus aussi assurée, mais sa hauteur de vue dans ce concerto peu spectaculaire témoignait de l’art exemplaire de ce pianiste exigeant. Le public se voyait récompensé d’un petit « bis » de Bach.            

Crédits photographiques : Aline Paley-Nicolas Brodard/Verbier Festival

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