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Contes musicaux d’enfance à Rochemontès

Souvenirs d’enfance à travers des contes musicaux, c’est ainsi qu’ouvrait la nouvelle saison de l’Orangerie de Rochemontès.

Quelques semaines avant Noël, Catherine Kauffmann-Saint-Martin avait concocté un programme destiné aux enfants de tous les âges avec trois contes illustrés en musique, qui ont marqué nos jeunes années et surtout la fluidité du piano de et l’art de conter de , qui fut longtemps l’une des grandes voix de France Musique. Les enfants étaient au rendez-vous et pour une fois les têtes blanches semblaient moins nombreuses.

La balade commence avec une intrusion poétique dans l’univers de avec Les Contes de ma mère l’oye, ces petites pépites de Ravel, qui rédigea également le texte. décline avec finesse cet univers fantastique tandis que en conteur avisé, capte immédiatement l’attention dans cette valse où la Belle au bois dormant croise le Petit Poucet, la petite Laideronnette ou encore la Belle et la Bête. Les deux compères se complètent à merveille, la musique de l’un donnant une portée plus vaste aux mots de l’autre.

Rien ne pouvait mieux convenir à Jérémie Honnoré que la triste histoire de La Chèvre de Monsieur Seguin issue des Lettres de mon moulin d’. En effet, le pianiste provençal a fondé il y a quelques années, le festival Musique à la ferme dans une chèvrerie telle que l’on peut imaginer celle de l’infortuné propriétaire. Il y a en outre commandé une partition au compositeur , lequel a non seulement rendu l’atmosphère dramatique de la nouvelle, mais on y entend l’insouciance de la petite chèvre dans la nature, le bruissement du vent et le mouvement des feuilles dans les montagnes, tout comme l’âpreté du long combat avec le loup. Une musique impressionniste parfaitement interprétée par Jérémie Honnoré. François Castang parvient à nous tenir en haleine en disant cette histoire connue depuis toujours. Il la replace dans son contexte de parabole destinée au poète lyrique , qui n’a jamais voulu entrer dans un journal afin de rester libre.

Signe des temps, l’Histoire de Babar, avec son charme suranné et la merveilleuse partition de paraissait de trop pour l’attention du jeune public, qui éprouvait des difficultés réelles à maintenir sa concentration. Pourtant, nous nous laissons entraîner avec plaisir dans cette histoire de , qui connut un immense succès dans les années 30 du siècle dernier, sur laquelle improvisa pour distraire des petits cousins un jour de 1940. Devant le succès familial, il reprit et nota ces superbes esquisses quelques années plus tard. Jérémie Honnoré l’interprète avec légèreté et de façon très vivante.

Rien de mieux pour entrer sereinement dans le temps de Noël !

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