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Succès mérité des Wiener Symphoniker à Paris

Nouveau succès pour la tournée des Wiener Symphoniker sous la direction de .

Quelques jours après leur concert bruxellois, et ses Weiner Symphoniker étaient de passage à Paris, également accompagnés par la pianiste . Si le programme y était complètement renouvelé, le découpage restait similaire et le bis conclusif identique pour un résultat final globalement superbe.

Il faut dire que la soirée ne pouvait mieux commencer avec ce majestueux début pianissimo des violoncelles et contrebasses suivi par l’arrivée de l’Allegro moderato qui non seulement était idéalement moderato mais réussissait ce qui pêche souvent ailleurs, c’est à dire la continuité parfaite avec ce qui précède. La suite allait se montrer tout aussi réussie grâce à une intensité qui sut dramatiser le discours sans le rendre pesant, un choix de tempo modéré allié à une pulsation soutenue qui propulsait constamment cette musique vers l’avant, une large dynamique magnifiquement contrôlée, et il faut bien le dire, un orchestre sonnant superbement. Résultat : une Symphonie « Inachevée » modèle du genre qui avait fière allure.

Rupture de ton attendu avec le Concerto n°1 pour piano et trompette de Chostakovitch, intermède russe entre les deux piliers du répertoire viennois qui composaient le programme de ce concert. Inutile d’espérer trouver sous la baguette de Philippe Jordan et les archets des Wiener Symphoniker le côté grinçant et satirique qu’on trouve plus facilement chez les musiciens russes, mais peu importe, les interprètes du soir se sont complètement approprié ce concerto, et c’est avec un plaisir simplement jouissif qu’ils ont mordu à pleines dents dans cette partition qu’ils jouèrent fondamentalement vivante et virevoltante. qui, en solo, a tendance pousser les contrastes à leur limite et parfois au delà, se fondit avec bonheur dans le style plus moderato du chef, réussissant un impeccable accord piano orchestre. Et le jeu malicieux qui s’instaura entre le piano et la trompette, formidablement tenue ce soir par Rainer Küblöck, fonctionna à merveille. Finalement c’était peut-être une version viennoise de ce concerto, mais ce fut fort plaisant à entendre.

Avec la Symphonie n°7 de Beethoven, nous retrouvions tout ce qui avait fait la qualité de l’« Inachevée » qui ouvrit la soirée, mais si la performance fut belle l’émotion y fit un peu défaut, dans le premier mouvement qui aurait pu être plus jubilatoire, et dans l’Allegretto, qui ne fit pas battre notre cœur autant qu’on aurait aimé. Le final, attaqué sur les chapeaux de roues, fut une impressionnante démonstration d’orchestre qui déchaîna l’enthousiasme de la salle qui eut droit à une exemplaire Vie d’artiste digne des plus beaux Neujahrskonzert du cousin Philharmonique.

Crédit photographique : Johannes Ifkovits