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Salonen et le Philharmonia Orchestra, tambour battant

La superbe machine orchestrale du est menée par au Théâtre des Champs-Elysées. Dès le premier accord de l’Ouverture de Beethoven, la manière est entendue : ce sera vite, fort et souvent un peu brusque.

Le concert débute en fanfare, presqu’au sens propre, avec cette ouverture peu jouée de Beethoven, puisque le thème est celui du Postillon de Karlsbad. C’est enlevé, rapide, un peu tonitruant aussi par moments mais l’orchestre brille de tous ses feux.

Cette direction dynamique mais souvent un peu lourde, va nuire au concerto de Brahms et étouffer quelque peu le jeu de la soliste . Elle a du mal à lutter avec la masse de l’orchestre avec qui le dialogue ne s’établit pas vraiment. C’est ainsi par exemple que la thématique tsigane du début du troisième mouvement ne semble pas comprise tout à fait de la même façon à l’archet (convaincant) qu’au pupitre (pas tout à fait dans l’esprit). La violoniste donnera un beau bis, Obsession d’, où l’on pourra mieux percevoir toutes les qualités de son jeu.

Le premier mouvement de la deuxième symphonie de Beethoven séduit : tempo rapide, élan irrésistible, précision de tous les instants, le chef fait rutiler l’orchestre, notamment les bois et les cuivres trop relégués dans Brahms. Mais le mouvement lent semble s’enliser par moments. Ce qui peut rester des époques antérieures dans cette œuvre est gommé, au profit d’une vision tournée vers les symphonies à venir.

Esa-Pekka Salonen propose une vision de ces pages orientée plus dans le sens d’une jouissance, voire d’une excitation sonores que dans la mise en valeur de la construction et du matériau thématique et peine à susciter une vraie émotion musicale, notamment dans les mouvements lents. Cette vision est servie par un Philharmonia brillant et puissant : une superbe machine orchestrale dont on regrette qu’elle ait été conduite trop souvent « à la baguette », sans vraie mise en valeur du potentiel de tous les pupitres et de la soliste.

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