- ResMusica - https://www.resmusica.com -

Sibelius Edition par DG et… Naxos

Qui l’aurait cru, la prestigieuse Deutsche Grammophon s’associe avec le trublion super-économique Naxos pour une anthologie Sibelius de bon aloi, mais artistiquement tiraillée entre le super luxe et le second rayon.

Jean Sibelius a été gâté par le disque, et l’anthologie en 14 CDs de la Deutsche Grammophon est, de tous les coffrets publiés pour célébrer les 150 ans de la naissance du compositeur, celui qui est le plus susceptible de plaire au grand public : par le prestige de ses signatures ( avec l’, le dernier Leonard Bernstein avec l’, …) et par la représentativité des œuvres choisies dans des enregistrements tous confortables sur le plan auditif.

Comme toute musique de grande qualité, celle de Sibelius s’adapte et révèle des aspects intéressants de sa personnalité à travers des interprétations complexes et recherchées, mais pour exhaler tout son charme, elle n’a à vrai dire pas besoin d’orchestres somptueux ou d’une grande typicité. Ce qui lui convient le mieux, ce sont des musiciens à la personnalité franche et vigoureuse, capables de souffle et de poésie. Elle ne révèle pas tout le charme envoûtant de sa nature dans les mains des super-stars, et l’excès d’analyse la rend un peu ennuyeuse. C’est ainsi que l’on va retrouver au pinacle de la discographie des relatifs outsiders comme Herbert Blombstedt avec le pour les symphonies, ou  dans un Kullervo flamboyant avec le Bournemouth Symphony Orchestra, et nombre d’enregistrements des années 30 à 50.

C’est ainsi que parmi les coffrets édités récemment, notre préférence ne va pas à celui-ci car le luxueux (Berlin, Vienne…) y manque de cette spontanéité nordique qui fait tout le prix de Sibelius, le Kullervo issu du fonds Naxos est un vrai maillon faible, et les poèmes symphoniques et la musique de scène par  avec l’Orchestre symphonique d’État de Hongrie dans les années 70 ne sont pas palpitants. et l’Orchestre Symphonique de Göteborg, enregistrés dans les années 90 quand l’industrie phonographique tournait encore à plein régime, sont propres mais n’atteignent pas l’exceptionnel. Les deux disques de musique de chambre valent le détour, en particulier pour les mélodies de et Malinconia par et .

En définitive, si ce coffret DG est de bon aloi, notre coup de cœur va au coffret Decca « Sibelius Great Performances » et au coffret Warner « Historical recordings and rarities » qui proposent des enregistrements rares et qui touchent bien davantage au cœur du mystère de Sibelius.

(Visited 492 times, 1 visits today)