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Opulence vocale pour un nouveau Stabat Mater de Pergolesi

C’est en grandes dames de l’opéra que et abordent le chef d’œuvre de Pergolesi. À l’intériorité de la souffrance, font place la grandiloquence du pathos et la splendeur des moyens vocaux.

De Mirella Freni à Anna Netrebko, de Teresa Berganza à Cecilia Bartoli, toutes les grandes divas de l’opéra italien ont souhaité être associées à une œuvre perçue par les uns comme une quintessence de l’intimisme musical, par les autres comme un mini opera seria en version condensée. Sans doute la vérité de l’ouvrage se situe-t-elle à mi-chemin entre ces deux visions a priori contradictoires.

De toute évidence, et ont une conception très « opératique » de ce chef d’œuvre de la musique sacrée. C’est donc sans complexes et sans retenue que les deux voix, royales, se déploient dans les lignes et les fioritures de l’écriture pergolésienne. Si la soprano étale avec générosité les fastes de son timbre crémeux à souhait, le mezzo-soprano de Deshayes est sans doute moins à l’aise dans la tessiture plutôt basse de sa partie, terre d’élection de nos contreténors d’aujourd’hui. En revanche les deux voix, aux couleurs très contrastées, se complètent admirablement dans ce perpétuel va-et-vient vocal.

À l’opposé de cette lecture vocale d’une rare opulence, le jeu de l’ se situe davantage dans l’esthétique « baroquisante » à laquelle nous ont habitués les dernières versions en date. De ce décalage provient vraisemblablement le léger sentiment d’incongruité que procure ce CD, sentiment que génère également un programme bizarrement composé. En effet, les deux concerti proposés à l’issue de la pièce vocale donnent quelque peu l’impression d’un remplissage dénué de cohérence, en dépit de la propreté et de la probité de l’interprétation. L’ensemble de ce CD, qui n’a rien d’indigne, peut paraître tout de même légèrement bâclé si on le compare aux nombreuses versions parues ces dernières années.

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