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Gala des Écoles du XXIe siècle à l’Opéra de Paris : un panorama

L’École de danse de l’Opéra de Paris invite pour la deuxième fois, après une première édition en 2013, différentes écoles à se produire sur la scène du Palais Garnier afin d’offrir une sorte de panorama de ce qui se fait sous d’autres latitudes.

Force est de constater que les caractéristiques de chacune de ces écoles ressortent avec une très grande finesse, entre le choix de la pièce présentée, l’essence même de l’enseignement de l’école (entre technique académique ou plus néoclassique) et le type de danseurs employés.

La palme de l’émotion aura été au Royal Ballet School, tant par la chorégraphie poignante de du pas de deux de Concerto, que par la maîtrise extrême des deux jeunes danseurs de ce qu’ils seront amenés à danser certainement plus tard dans leur carrière. Le pas de quatre d’Abdallah de la Danish Ballet School, sur la chorégraphie très racée d’, remonté avec la musique de Napoli, était d’une très grande homogénité entre les trois élèves qui faisait montre d’une technique sur pointes et demi-pointes absolument parfaite. Enfin, l’académie Vaganova si représentative de l’école russe (avec l’école du Bolshoï, invitée en 2013) présentait le pas de deux du Cygne noir. Il est saisissant de réaliser combien cette école crée avec tant de facilité des solistes en puissance sur des rôles si emblématiques du répertoire que celui d’Odette/Odile.

Les écoles du Ballet de Stuttgart et du Canada ont eu comme support musical, avec des chorégraphies inventives qui permettaient de mettre en avant de belles capacités d’énergie, alors que l’école du Ballet de Hambourg aura fait la part belle à la plus méditative Bach Suite 2 de Neumeier, tissant inévitablement des liens avec la beauté plastique si chère à ce chorégraphe. Enfin, le San Francisco Ballet School créait spécialement pour ce Gala une nouvelle pièce à la facture néoclassique et faisant appel à la puissance du groupe constitué par les six élèves.

Encadrant cette soirée, l’École de danse de l’Opéra de Paris reprenait du spectacle donné quelques jours auparavant les extraits de Raymonda et de Vertiginous Thrill of exactitude, avec peut-être un peu de fatigue mais toujours autant de plaisir.

Cette soirée n’était pas donc pas une compétition et une mise en comparaison des différentes écoles, mais plutôt un dialogue entre différents pays dans un monde globalisé où l’on pouvait attester des différences esthétiques entre ces jeunes représentants de leur tradition de danse respective. Le Gala se clôturait par un fastueux Défilé des Écoles (la France aura toujours aimé la parade et les marches !) sur la musique de la Marche d’Athalie de Felix Mendelssohn, appelant à ce que le Gala des Écoles entre dans les habitudes de la programmation de l’Opéra de Paris.

Crédit photographique : , © Francette Levieux/Opéra national de Paris