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Olivia Grandville met en scène un tableau de Brueghel l’Ancien

Comme Gaëlle Bourges l’a fait avec A mon seul désir, part de la description d’un tableau de Pieter Brueghel l’Ancien, Combat de Carnaval et Carême, comme prétexte à une frise conceptuelle et dansée.

En voix off, lit sa description du tableau de Pieter Brueghel l’Ancien, peint en 1559 et conservé au Kunsthistorisches Museum à Vienne. Ce tableau présente la lutte de deux chars et deux personnages incarnant le contraste entre Carnaval et Carême, entre l’auberge et l’église, entre plaisir et religion, mais aussi entre protestantisme et catholicisme sur une place de marché très animée.
Plutôt que de mettre en scène visuellement les protagonistes du tableau et d’en expliquer chaque ressort, la chorégraphe les décrit une seule fois, pour ne plus y revenir. Un à un, les danseurs endossent le rôle d’un des personnages et s’alignent sur la scène comme dans le tableau. C’est alors que le texte s’achève que la musique commence. Enchaînant différents univers, la chorégraphie réutilise le matériau exposé une première fois et les danseurs enchaînent les poses de plus en plus vite, jusqu’à former un groupe compact dont les mouvements se distinguent à peine. Dans le chaos final, l’ensemble se transforme davantage en nef des fous qu’en place de village.

Dans le programme, on lit que la chorégraphe, Olivia Grandville, donne à ses danseurs des instructions par l’intermédiaire de l’oreillette qu’ils portent. Outre l’exclusion du spectateur, on ne voit pas très bien l’intérêt d’un tel dispositif. Quel type d’instruction leur donne-t-elle ? Des mouvements, des directions, des intentions ? Les mouvements sont-ils écrits préalablement, codifiés ou le résultat d’improvisations ?
Ce n’est qu’à la fin du spectacle que la voix off redevient audible, dévoilant les directions qu’elle indiquait aux danseurs et levant le mystère de ce spectacle à la fois charnel et conceptuel.

Photos : © Marc Domage