Danse , Festivals, La Scène

L’histoire de l’art inspire Étrange Cargo

Plus de détails

Paris. Ménagerie de Verre. 18-III-2017. Dans le cadre du festival Étrange Cargo. Gaëlle Bourges : Conjurer la peur. Conception : Gaëlle Bourges. Récit : Gaëlle Bourges. Danse de et par Matthias Bardoula, Gaëlle Bourges, Agnès Butet, Marianne Chargois, Camille Gerbeau, Guillaume Marie, Phlaurian Pettier, Alice Roland et Marco Villari. Création musicale : Stéphane Monteiro alias XTRONIK, avec la participation d’Erwan Keravec. Musique : « Daydreaming », Radiohead. Création lumière : Abigail Fowler. Régie Son : Stéphane Monteiro. Jean-Luc Verna : Uccello, Ucellacci & The Birds. Conception et texte : Jean-Luc Verna. Interprète voix : Béatrice Dalle. Musique : Peter Rehberg. Costumes : Jean-Luc Verna. Création lumières : Catherine Noden. Avec Benjamin Bertrand, Loren Palmer, Jean-Luc Verna & guests.

Chaque année, le festival Étrange Cargo réunit des spectacles singuliers entre danse, théâtre et performance. Deux participants à l’édition 2017, et , s’inspirent de l’histoire de l’art, pour des résultats forts différents.

Dans Conjurer la peur, titre d’un livre de Patrick Boucheron qui commente les fresques des Effets du bon ou du mauvais gouvernement d’Ambrogio Lorenzetti que l’on peut admirer au Palazzo Publico de Sienne, la chorégraphe poursuit un compagnonnage avec l’art que l’on avait déjà pu admirer dans À mon seul désir. Se transformant en guide, elle commente à son tour en détail cette œuvre majeure du Moyen Âge en Italie. Peu à peu, la fresque prend vie, à travers un astucieux jeu de tee-shirts qui caractérisent des personnages incarnés par les neuf interprètes : vices et vertus, tyrans et tyranneaux, citoyens ou villageois témoignant des effets du bon et du mauvais gouvernement sur la ville et sur la campagne. Gaëlle Bourges profite de cette peinture pour livrer une réflexion politique et personnelle sur le goût des peuples à être bien gouvernés ou non, et aux conséquences de leur prédilection pour la guerre. Le spectacle raconte aussi la genèse de sa propre création, entremêlant le vécu de la chorégraphe, entre dîner chez des amis et grand oral devant des programmateurs, aux échos de l’actualité la plus tragique, celle des attentats de 2015 et 2016. En croisant grande et petite histoire, érudition et intimité, avec la contribution insolite de ses danseurs, sur une chanson récente de , Gaëlle Bourges tisse un spectacle émouvant, intelligent et sensible.

Quelques jours auparavant, le plasticien , artiste et performeur auquel le MAC/Val de Vitry-sur-Seine vient de consacrer une rétrospective, explorait lui aussi le lien entre rock et histoire de l’art dans Uccello, Uccelacci & The Birds. Sur une bande son interprétée par Béatrice Dalle, sorte de Voix humaine de Cocteau citant Nina Hagen ou Siouxsie and the Banshees, deux danseurs enchaînent des poses inspirées de sculptures ou de tableaux célèbres. La petite danseuse de Degas, et ses mains jointes derrière le dos, l’archer de Bourdelle ou le Saint Jean-Baptiste de Rodin, mais aussi Nijinsky dans le Prélude à l’après-midi d’un faune. Composant des tableaux vivants, les poses se succèdent dans une lente chorégraphie, plusieurs fois répétées, en échos aux mots désespérés de la voix enregistrée. Ces poses sont familières à Jean-Luc Verna, qui s’est photographié lui-même en les incarnant depuis une quinzaine d’années. Des photographies qui doivent beaucoup à son corps modelé, tatoué et piercé, œuvre à part entière. L’artiste a instillé quelques repères de son œuvre dans le spectacle, du rideau de scène constellé d’étoiles scintillantes aux accessoires issus de l’univers « camp », boa en plumes, harnais, cuissardes ou colliers à clous. Des accessoires que revêtent les figurants invités à rejouer les scènes précédentes au cours d’un final totalement explosif.

Crédits photographiques : « Conjurer la peur » de Gaëlle Bourges © Agnès Butet ; « Uccello, Uccelacci & The Birds » de Jean-Luc Verna © Charly Gosp

Plus de détails

Paris. Ménagerie de Verre. 18-III-2017. Dans le cadre du festival Étrange Cargo. Gaëlle Bourges : Conjurer la peur. Conception : Gaëlle Bourges. Récit : Gaëlle Bourges. Danse de et par Matthias Bardoula, Gaëlle Bourges, Agnès Butet, Marianne Chargois, Camille Gerbeau, Guillaume Marie, Phlaurian Pettier, Alice Roland et Marco Villari. Création musicale : Stéphane Monteiro alias XTRONIK, avec la participation d’Erwan Keravec. Musique : « Daydreaming », Radiohead. Création lumière : Abigail Fowler. Régie Son : Stéphane Monteiro. Jean-Luc Verna : Uccello, Ucellacci & The Birds. Conception et texte : Jean-Luc Verna. Interprète voix : Béatrice Dalle. Musique : Peter Rehberg. Costumes : Jean-Luc Verna. Création lumières : Catherine Noden. Avec Benjamin Bertrand, Loren Palmer, Jean-Luc Verna & guests.

Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.