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Somptueux Brahms par Vadim Gluzman, mais trop centré sur le soliste

Brillant élève, comme Maxime Vengerov et Vadim Repin, du grand pédagogue , nous propose un récital Brahms entièrement centré sur le soliste, malheureusement pas entouré d’accompagnateurs tout à fait à sa hauteur. Dommage car la splendeur de son interprétation aurait mérité un écrin plus raffiné.

De disque en disque, s’est affirmé comme un des grands violonistes actuels de la jeune (il est né en 1973) génération qui a grandi dans l’ex-Union soviétique. Élève comme Repin ou Vengerov de , il s’impose au fur et à mesure que sa maturité croît. Ce nouveau CD entièrement dévolu à Brahms témoigne de sa sonorité somptueuse (il joue sur un Stradivarius, l’ex-Leopold Auer prêté par la société Stradivarius de Chicago), de sa maîtrise absolue du discours et de sa technique éblouissante.

Tout serait réuni pour une nouvelle grande version du concerto de Brahms si l’Orchestre de Lucerne et son chef s’avéraient au même niveau. Sans démériter, ils ne peuvent cependant pas rivaliser avec ce que les plus grands orchestres européens (Vienne, Berlin, Leipzig en particulier) sous la baguette des plus grands chefs peuvent offrir. Cet accompagnement solide mais plutôt pataud amoindrit l’impact d’un concerto dans lequel la partie orchestrale est essentielle.

Les deux compléments souffrent, bien qu’à un moindre degré, du même handicap. est une accompagnatrice habituelle de Vadim Gluzman avec lequel l’entente est évidente mais elle reste un peu trop au second plan par rapport à son prestigieux soliste. C’est dommage car la prestation de Gluzman est à nouveau somptueuse. La perception d’ensemble d’un tel disque centré sur le soliste plus que sur les œuvres nous ramène à une conception du rôle du soliste que l’on croyait révolue aujourd’hui. Pourtant lorsque des chefs comme Bernstein, Furtwängler, Jochum ou Karajan, pour ne citer que quelques noms de grands disparus, se sont emparés du concerto, ils ont montré que, loin de faire de l’ombre à des solistes pourtant nommés Kremer, Menuhin, Milstein ou Ferras, ils parvenaient au contraire à sublimer leur interprétation. La discographie demeure inchangée.

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