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Telemann et ses rencontres parisiennes par les Folies Françoises

« Les Inédits » de la Bibliothèque nationale de France, sur le site de Tolbiac, proposent des concerts à partir de manuscrits inédits conservés dans ses magasins. En cette année Telemann qui correspond aux 250 ans du décès du compositeur, et son ensemble ont proposé un programme autour du séjour de Telemann à Paris, le seul grand voyage qu’il effectua dans sa vie.

C’est à l’automne 1737 qu’il se rend dans la Ville Lumière et y passe huit mois fructueux. Grâce aux Nouveaux Quatuors en six suites joués par les solistes du Concert Spirituel et édités à Paris (et faisant partie de douze « Quatuors parisiens »), il obtient un privilège royal de vingt ans permettant de publier ses œuvres en exclusivité. Si l’interprétation du premier Quatuor, donnée ce soir en premier, est assez timide et manque d’éclat, celle du sixième à la fin du concert brille de la vivacité que les musiciens rendent à cette partition inventive.

Le premier violon du quatuor du Concert Spirituel, lors de l’exécution de ces Nouveaux Quatuors, fut tenu par . De son vrai nom Giovanni Pietro Ghignone, l’Italien installé en France fut nommé par Louis XV « Royal Maître des Ménétriers », et publia la même année 1737 son Premier Livre de Sonates pour violon et basse continue, que nous avons également entendu au cours de la soirée. La partie du violon acquiert une grande virtuosité, notamment dans les notes aiguës, ce dont Patrick Cohën Akénine fait une belle démonstration.

Fondateur de l’Opéra de Dijon au XVIIIe siècle, chef d’orchestre, violoniste et violiste célèbre en son temps, fut employé comme « musicien » par le prince de Condé, gouverneur de Bourgogne. Le Premier Livre de Pièces de viole (le second est considéré comme perdu), publié à Paris en 1730, comporte des pièces portant des titres liés à la terre bourguignonne, comme La Chonchon Sarabande ou La Bierre Gavotte dans le programme de ce soir. Sous influence évidente de Marin Marais, sa musique a pourtant un air de Rameau, et évoque déjà celle pour violoncelle. La Suite n° 2 de , flûtiste parisien dont la vie est encore pleine de mystère, est écrite dans la tradition française avec des mouvements empruntés à la danse.

La très belle Chaconne en trio de , est probablement la pièce la plus marquante (outre Telemann) de cette soirée, tant pour son écriture pleine de contrastes que pour son interprétation inspirée.

Si une seule audition ne permet pas de percevoir toutes les subtilités de ces musiques, les présenter dans un même concert donne un panorama musical certes sommaire mais captivant, de la première moitié du XVIIIe siècle, d’autant qu’elles sont jouées par des musiciens confirmées comme ceux des Folies Françoises.

Crédit photographique : © Géraldine Aresteanu

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