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Requiem de Silvia Colasanti, dans la veine dramatique de l’oratorio

On sent chez , compositrice romaine formée à l’Académie Santa Cecilia, un attachement quasi atavique à la voix. En témoignent plusieurs ouvrages lyriques déjà inscrits à son catalogue : Faust, La métamorphose, Le Minotaure, etc. Opératique également est son Requiem (2017) où le texte exogène de questionne celui du dogme catholique.

La voix collective, celle du chœur qui transmet le texte liturgique (Requiem Aeternan, Dies Irae, Lux Aeterna), est confrontée à la parole de l’individu, « celle qui doute », dans cet oratorio pour mezzo-soprano, chœur, orchestre et récitante – l’écrivaine en personne. l’écrit pour les victimes du tremblement de terre survenu en 2016 dans le centre de l’Italie. Le bruit des pierres entrechoquées sur les voix murmurées, au tout début de l’œuvre, en concrétise le souvenir. Les contrastes dramatiques entre la masse chorale et la récitante y sont exploités, telle cette intervention de la voix parlée sur le trémolo des cordes, d’une belle intensité au cœur du Dies Irae. La compositrice mise également sur le pouvoir expressif du timbre soliste, celui du violoncelle d’abord (Alle picole e grandi ombre) et du bandonéon ensuite – Massimiliano Pitocco –, sur lequel s’inscrit la parole (Dunque si può), dans une manière de mélodrame qui intensifie le pathos. Au centre de la trajectoire dramatique, le Quid sum miser, confié à l’excellente , est une page de lyrisme flamboyant (Verdi demeure) que les couleurs de l’orchestre (le galvanisé par le fougueux ) viennent rehausser. La même vaillance anime l’, une phalange vocale fondée en 2003 par . Le Lux Aeterna un rien démonstratif (l’emphase chorale rappelle le Poulenc des Dialogues des Carmélites) assume une franche consonance au sein d’un langage où modalité et polarité dominent.