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Weber méconnu, par l’Orchestre Victor Hugo

Entièrement centrée autour de Carl Maria von Weber, cette opportune parution Klarthe permet de mieux connaître un compositeur dont la renommée repose essentiellement sur trois titres.

Sempiternels Freischütz, Concerto pour clarinette n°1, Invitation à la valse ! A côté de cela une Euryanthe dont personne ne veut (même quand Olivier Py la propose), un Obéron sporadique et puis le désert. C’est donc avec une curiosité gourmande que l’on accueille l’alléchant programme imaginé par Jean-François Verdier. A la tête de son Orchestre Victor Hugo Franche-Comté, il nous fait replonger avec délice dans les belles heures du romantisme allemand. On n’imitera pas la sévérité auto-critique de Weber quant à la séduction allante, toute de fraîcheur mélodique, de sa pré-schumanienne Symphonie n°1 de 1807 (Beethoven en était à sa quatrième), qualités qu’on retrouvera dans le Concertino pour cor, dans le Concerto n° 2 pour clarinette et sa magnifique Romanza centrale, comme dans l’Adagio et rondo pour glass harmonica (passager clandestin de l’orchestre toujours inspirant) que Weber composa à l’origine pour l’harmonicorde que venait de mettre au point le facteur Friedrich Kaufmann, instrument, introuvable aujourd’hui, censé réaliser la fusion du piano et du violon.

La prise de son n’est hélas pas tout à fait à la hauteur du geste souple et classieux de Jean-François Verdier, quant à lui idéal d’allure face à la grâce de ces partitions délicatement orchestrées. Le Victor Hugo, en déficit de transparence dans les tutti, donne l’impression de jouer dans une salle trop petite pour lui. On questionne également  la bonne distance des solistes : la clarinette volubile et musicale de Nicolas Baldeyrou semble attaquer agressivo, le cor sans pistons de David Guerrier (auquel Weber demande, dans l’étonnante et très énigmatique conclusion inédite de l’Andante molto, de chanter en même temps qu’il joue !) franchissant plutôt bien le micro, le glass harmonica hypnotisant de Thomas Bloch s’imposant en triomphateur sonore de la captation.

L’écoute de ce disque original génère également le regret d’un projet éditorial plus audacieux encore, avec un deuxième disque incluant la Symphonie n°2 et les deux autres opus composés par Weber pour la clarinette de son ami Heinrich Bärmann. A suivre ?

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