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La réussite totale de L’Étoile de Chabrier à Tourcoing

Une mise en scène taillée au cordeau, une direction d’orchestre superlative et une distribution enthousiasmante donnent sa vérité à la musique de Chabrier, qui est le grand triomphateur de la soirée.

est un des grands mal aimés du monde lyrique. Il faut avouer que le savourer se mérite : les livrets qu’il a choisis sont souvent brouillons, et sa musique presque trop raffinée pour en saisir toute la subtilité dès la première écoute. L’Étoile ne déroge pas à cette règle, mais on est vite récompensé par un peu d’attention. Cette description, quasi une satire politique, et qui pourrait toujours être d’actualité, d’un roi immature, plus préoccupé de son bien-être que de celui de ses administrés, est absolument hilarante, même si elle convoque plus de personnages que nécessaire. Quant à l’orchestration, son mélange d’élégance, de pastiche et de grosse rigolade est un véritable régal. Mais pour lui donner toute sa dimension, il faut un orchestre à la hauteur, ce qui est chose faite avec la Grande Écurie et la Chambre du Roy, en grande forme. La direction superlative d’ ne laisse passer aucun détail, pas plus qu’une occasion de s’amuser.

La mise en scène est à la même aune. Dans un décor unique de type orientalisant, parfois agrémenté de sofas moelleux et de coussins dorés, la direction d’acteurs est d’une précision rare, et parvient à expliciter l’action tout en préservant sa dimension cocasse, aidée en cela par une troupe vivante et motivée, y compris les chœurs.

Nous n’avions jusqu’ici entendu qu’en récital. Outre la voix, toujours aussi délicieuse, nous découvrons ici une actrice épatante, à la fois sensible et frémissante, sans jamais perdre de vue la dimension travestie et comique de son rôle. , totalement dans son élément, compose un roi Ouf Premier carrément désopilant, à qui le Siroco d’ donne parfaitement la réplique. est une poétique princesse Laoula.

Dans les seconds rôles, et forment un couple plus qu’amusant, faisant fi, et même exploitant, les côtés graveleux de leurs personnages. , même si sa voix n’est plus ce qu’elle était, dessine finement un diplomate plus rigide que nature.

Chabrier vainqueur !

Crédit photographique : © Simon Gosselin

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