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Un tournoi musical pour clôturer le Festival d’Ambronay

Dans un contexte règlementaire et sanitaire complexe et variable, le Festival d’Ambronay a su se réinventer : un programme plus simple, plus accessible, plus local mais toujours de grande qualité.


Dès le mois d’avril, , directeur du Festival d’Ambronay, et son équipe, ont anticipé la suite des évènements en lien avec la crise sanitaire en envisageant un programme musical plus restreint mais innovant. Peu de grandes formations, des concerts courts, pas d’œuvres du grand répertoire mais de la belle et bonne musique, simple et proche du public.

L’Ensemble Sollazzo (Clef ResMusica 2020) emmène les festivaliers à Florence à la découverte de musiques du XIVe siècle. Fondé à Bâle en 2014 et dirigé par la vièliste Anna Danilevskaia, le fait partie du programme européen Eeemerging qui accompagne de jeunes ensembles de musique ancienne. Une aide bien utile en cette période très difficile pour les artistes et les structures tels que les festivals. Le public découvre des compositeurs comme dont , accompagné des deux vièles, chante tout en douceur Gli atti col dançar. On retrouve le ténor avec son collègue Victor Sordo dans un Benedicamus Domino, un duo sur l’air de « Ja Falla ». Les deux voix se complètent avec élégance. En revanche, le même texte est chanté trop vivement par les deux sopranos. Dans le Quand’amor de Jovannes de Florentia, Victor Sordo est excellent, tant pour la prosodie que pour son chant. Un concert très agréable dans une belle acoustique qui met en valeur les voix seules ou presque.

Puis le festival, dans cette version courte, se termine d’une manière originale : par un tournoi musical. Profitant de la disposition du public de part et d’autre de la scène, l’Ensemble propose un tournoi, qui est en fait un dialogue animé, entre l’ensemble et la chorale Avis aux amateurs, formation éphémère du Festival. Après un hymne européen, les pays concurrents (Italie, Allemagne, France et Angleterre) ou plutôt des pièces de leurs compositeurs sont mises en scène par les deux formations. Le public est appelé à voter au fil des duels. Le score étant donné par… un applaudimètre ! Le tout avec conviction et humour. Par exemple : un madrigal de Monteverdi opposé à une sonate de Corelli ! Surprenant, étrange, mais très apprécié par le public qui joue le jeu. Tout n’est pas parfait mais les amateurs se défendent bien. Cela rappelle le Chœur du Festival qui a œuvré pendant de nombreuses années sous la direction de chefs prestigieux, de à en passant par et bien d’autres.

Ce Festival aurait pu sombrer cette année. Mais avec l’énergie de son directeur, , il a su rebondir, s’adapter pour le plaisir du public et des artistes. Après sept ans de règne, le directeur général laisse la place à Isabelle Battioni, ancienne directrice adjointe du CCR d’Ambronay (de 2004 à 2010) Connaissant bien la maison, elle devrait apporter très rapidement sa touche à un Festival qui vit bien depuis 1980. Un bel espoir dans le contexte actuel très difficile.

Crédit photographique : © Bertrand Pichène

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