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Pause bucolique dans le jardin médiéval florentin du Sollazzo Ensemble

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Paolo da Firenze (ca. 1355- ca. 1436) : Godi Firenze ; Benedicamus domino. Donato di Firenze (actif entre 1350 et 1370) : Come ‘I potes’ tu far. Francesco Landini (ca. 1325-1397) : Adiou adiou ; Creata fusti o vergine Maria ; Che cosa è quest’Amor ; Conviens’ a fede. Giovanni da Firenze (actif vers 1350) : Per larghi prati, caccia ; Quando la stella. Bartolino da Padova (actif entre 1365 et 1405) : Quel sole che nutrica’l gentil fiore (arrangement : Vincent Kibildis). Andrea da Firenze (N-1415) : Non più doglia ebbe Dido. Anonyme : Benedicamus domino ; Poi che veder non poso.. Vincenzo da Rimini (actif vers 1350) : Ay schonsolato. Jovannes de Florentia (?) : Quand’amor. Lorenzo da Firenze (N-1372 ou 1373) : A poste messe. Sollazzo Ensemble. 1 CD Ambronay. Enregistré à l’Abbaye d’Ambronay du 22 au 25 juillet 2019. Notice en français et en anglais. Durée : 57:21

 

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C’est un Trecento florentin sous son meilleur jour que peint musicalement le dont l’expertise et la sensibilité dans le répertoire des musiques anciennes n’est désormais plus à démontrer.

DisqueSoutenus dès 2017 par le programme Eeemerging d’Ambronay, le en est aujourd’hui à son troisième enregistrement sous ce label, après les rêveries moyenâgeuses d’En Seumeillant et les mystères du Chansonnier de Louvain. Enregistré à l’Abbaye d’Ambronay l’été dernier, Firenze 1350, « Un jardin médiéval florentin » bénéficie d’une excellente acoustique que la prise de son a su relayer à merveille.

La directrice artistique, Anna Danilevskaia, choisit de retracer l’éclat intellectuel de la capitale toscane dans un bucolique décor qu’est celui de « Il Paradiso » de Francesco degli Organi : lever de soleil poétique dans le « Quando la stella » de Giovanni di Firenze (actif vers 1350) ; douce odeur florale dans le « Quel sole che nutrica’l gentil fiore » de Bartolino da Padova (actif entre 1365 et 1405) ; scène de chasse dans de larges prairies et de grands bois touffus pour « Per larghi prati, caccia » de Giovanni da Firenze… La mythologie (« Non più doglia ebbe Dido » d’Andrea da Firenze) et la religion (« Creata fusti o vergine Maria » de Francesco degli Organi dit Landini) ne seront pas en reste, agrémentant une luminosité lyrique et cristalline continue où la subtilité des nuances fait foi.

Pourtant, sur l’aspect historique de cette proposition, en 1350, Florence se relève doucement du terrible fléau de la peste noire où périt en six mois, deux ans auparavant, les deux tiers de sa population. Malgré ses 70 000 habitants, Florence reste une capitale conquérante comme le relaie le premier chant de ce disque « Godi Firenze » de Paolo da Firenze (ca. 1355- ca. 1436) : « Réjouis-toi, Florence […], tu fais trembler tous les Toscans face à toi ». Et alors que la haute bourgeoisie capitaliste rentre en conflit avec le peuple, l’activité des lettres (avec Pétrarque et Boccace) et des arts reste prolifique, faisant émerger, à l’époque, un équilibre savoureux entre tradition et innovation musicales pour ces contemporains de Guillaume de Machaut. On notera la rareté de la folle scène de chasse mise en musique par (N-1372 ou 1373), « A poste messe » : un canon à trois voix de soprano où onomatopées et tempi frénétiques matérialisent la course des lévriers.

Ce disque se caractérise par la diversité des ambiances qu’offre les quatre voix pures de l’ensemble (Perrine Devillers et Yukie Sato, sopranos ; Andrew Hallock, contre-ténor et Vivien Simon, ténor), démontrant une technicité vocale admirable soutenant un sens dramatique convaincant pour le ténor Vivien Simon dans « Ay schonsolato » de Vincenzo da Rimini (actif vers 1350), une spiritualité délicate pour « Creata fusti o vergine Maria » de Landini, un entrelacement vocale a cappella étonnant dans « Quand’amor » de Jovannes de Florentia, et un changement d’atmosphère savoureux lorsque les femmes chassant le gibier, souhaitent finalement se reposer à l’ombre (« Per larghi prati, caccia » de Giovanni da Firenze). La vièle à archet, le luth, l’organetto et le psalterion fusionnent sans fausse note, se plaçant au-devant de la scène pour « Come ‘I potes’ tu far » de Donato di Firenze, « Che cosa è quest’Amor » de Landini, et « Poi che veder non poso » d’un auteur anonyme. Dommage, finalement, que tout cela soit si court (moins d’une heure de musique).

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Paolo da Firenze (ca. 1355- ca. 1436) : Godi Firenze ; Benedicamus domino. Donato di Firenze (actif entre 1350 et 1370) : Come ‘I potes’ tu far. Francesco Landini (ca. 1325-1397) : Adiou adiou ; Creata fusti o vergine Maria ; Che cosa è quest’Amor ; Conviens’ a fede. Giovanni da Firenze (actif vers 1350) : Per larghi prati, caccia ; Quando la stella. Bartolino da Padova (actif entre 1365 et 1405) : Quel sole che nutrica’l gentil fiore (arrangement : Vincent Kibildis). Andrea da Firenze (N-1415) : Non più doglia ebbe Dido. Anonyme : Benedicamus domino ; Poi che veder non poso.. Vincenzo da Rimini (actif vers 1350) : Ay schonsolato. Jovannes de Florentia (?) : Quand’amor. Lorenzo da Firenze (N-1372 ou 1373) : A poste messe. Sollazzo Ensemble. 1 CD Ambronay. Enregistré à l’Abbaye d’Ambronay du 22 au 25 juillet 2019. Notice en français et en anglais. Durée : 57:21

 
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