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Michel Dalberto signe un récital Ravel d’une grande perfection

Avec une remarquable maîtrise et sans hâte, construit une anthologie du piano français au tournant des XIXᵉ et XXᵉ siècles dont chaque nouveau volume impressionne par sa hauteur de vue et sa perfection technique, deux qualités qui font de son nouveau disque Ravel un enchantement.

Dans son exploration du répertoire français de la fin du XIXᵉ siècle et du tournant du XXᵉ, ne pouvait ignorer , après Franck, Fauré et Debussy. En bon élève de Vlado Perlemuter, inoubliable interprète du compositeur, il aborde cette musique avec un souci de perfection technique et de pudeur expressive qui fait merveille, sur un Steinway au son très clair. L’entame des Valses nobles et sentimentales qui ouvre le CD fait un peu craindre par une certaine dureté, mais celle-ci s’estompe heureusement vite dès les valses suivantes. Michel Dalberto à qui l’on doit sans doute la plus belle intégrale du piano de Schubert (Denon, repris par Brilliant) est à son affaire comme nul autre dans ce cycle de valses proches du pastiche. Le raffinement et l’élégance de la Sonatine donnent à cette page volontairement concise, ce que son titre affiche clairement, une allure de parodie ravissante. Si l’on regrette de ne retrouver que trois des Miroirs (« Oiseaux tristes », la célèbre « Alborada del Gracioso » et « La vallée des cloches ») alors que le minutage du CD aurait permis d’en graver davantage, on salue en revanche le magnifique Gaspard de la nuit, sommet du récital. Michel Dalberto ne cherche pas à rivaliser avec les lectures hallucinées de Samson François ou Martha Argerich mais sa perfection digitale et une certaine pudeur hautaine nous valent un Gibet glaçant sans grand-guignol et surtout un splendide Scarbo, techniquement impressionnant et musicalement envoûtant.

Avec ce récital, Michel Dalberto signe un nouveau maître-disque et confirme sa place éminente au panthéon des pianistes actuels.

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