Hommage impérial de Michel Dalberto à César Franck

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César Franck (1822-1890) : Prélude, Choral et Fugue en si mineur ; Prélude, Aria et Final en mi majeur ; Quintette avec piano en fa mineur. Michel Dalberto, piano. Quatuor Novus. 1 CD Aparté Music. Enregistré à la Philharmonie de Liège en décembre 2018. Notice trilingue : français, anglais, japonais. Durée : 79:09

 

dalberto3000-1024x1024 repoussa fermement la musique frivole et les grands effets spectaculaires rendant compte du sérieux de sa production. De plus, sa religiosité le conduisit à composer des œuvres emplies de noblesse, d’élévation et d’austérité dont s’emparent pleinement et le .

À la soixantaine venue, en 1884, publia Prélude, Choral et Fugue, un chef-d’œuvre, tout comme le Prélude, Aria et Fugue composé trois ans plus tard. Ces deux pièces majeures pour piano répondent au souci du compositeur de redonner à l’instrument ses lettres de noblesse où la gravité et la hauteur de vue dominent et où le lyrisme défendu par Schubert et Chopin ne trouve guère sa place. Franck met en place une écriture polyphonique et harmonique, architecturée et cyclique, influencée par J. S. Bach et Franz Liszt.

, qu’il est inutile de présenter tant son art est partout reconnu, dès le prélude (Moderato) du Prélude, Choral et Fugue, s’enchâsse avec rigueur et réussite dans un moule classique voulu par le compositeur qui néanmoins ne renonce ni aux audaces stylistiques ni à la structuration d’un climat solennel. Le Choral affiche des sections très retenues, voire méditatives que le pianiste met en valeur avec assurance. Son jeu dans la Fugue reposant sur les thèmes cycliques récurrents atteint des sommets rarement visités.

La seconde pièce, donnée à la Société Nationale le 12 mai 1889, comme la précédente le 24 janvier 1885, s’inscrit dans un climat mystique passant de la réserve à la lumière.

Le Quintette en fa mineur (1879) met en place une atmosphère d’anxiété, voire de tragique, qui marqua les auditeurs lors de la création à la Société Nationale le 1er janvier 1880 et provoqua un commentaire flatteur de Debussy qui y décela de « la vraie musique ». La richesse mélodique, la beauté harmonique, la structure cyclique de la partition inspirent Michel Dalberto et les membres coréens du en activité depuis une douzaine d’années. Ils accompagnent avec modération et maîtrise la passion déployée dans le Molto moderato quasi lento et dans le mouvement central Lento, con molto sentimento, construit d’une longue et fébrile mélodie. Un Allegro non troppo, ma con fuoco, reprend dans son second thème un passage entendu dans le Lento. Le traitement des rebondissements rythmiques en marche, aboutissant à une expression exaltante, signe une des lectures les plus impressionnantes de la discographie.

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