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Autour du Requiem de Biber par Vox Luminis

L’ensemble s’associe ici au pour nous donner sa version du Requiem d’, complété par des pièces vocales de et et par deux sonates instrumentales.

Les compositeurs réunis ici ne se sont sans doute jamais rencontrés, mais tous se sont nourris des influences croisées de la tradition polyphonique de la Renaissance et de la seconda pratica italienne. Biber, comme Fux, a fait carrière en Autriche, dans les milieux catholiques. , lui, est un représentant de la tradition luthérienne d’Allemagne du Nord. Leurs œuvres vocales présentent une même structure : un chœur de ripiénistes répond à un chœur de solistes, cinq voix dans chaque chœur, et un ensemble instrumental qui double les voix chantées.

Dans le Requiem de Biber, les cordes doublent le chœur des solistes, cependant que les cornets et les sacqueboutes doublent les tutti. On sait que Biber était un violoniste virtuose : la partie de premier violon domine tout l’ensemble, auquel il apporte sa touche lumineuse, illustrant l’espoir de la Résurrection. Ce Requiem propose une alternance de courtes sections très variées, d’effectifs différents, véritable théâtralisation du texte. Ainsi, le Dies irae fait entendre le tremblement des violons pour décrire l’effroi du Jugement Dernier. L’écriture de cette messe au contrepoint savant paraît dans l’ensemble plus brillante qu’introspective. Ce n’est pas le cas des deux motets de Christoph Bernhard qui ouvrent le programme, où l’on retrouve avec plaisir toute l’émotion que a su nous donner dans ses interprétations du premier baroque allemand. Quant aux deux sonates instrumentales qui entourent le Requiem, jouées ici par les musiciens du Freiburger Barockorchester dans sa version consort, elles mettent en évidence l’influence italienne dans ce répertoire. Dialogue entre les cordes chez Nicolai, entre le violon et les vents chez Fux, le tout parfaitement ciselé par des interprètes d’une précision remarquable.

Lorsqu’ils doublent les parties vocales, les cornets et les sacqueboutes apportent à la polyphonie une couleur inimitable. La dulciane associée au continuo fait aussi bel effet. Pour le Requiem de Biber, il est intéressant de comparer les choix artistiques de à ceux de la récente version du Pluto-Ensemble, sortie à l’automne dernier. Les deux interprétations sont très proches ; toutefois, Vox Luminis offre au texte plus de ferveur et d’intériorité, avec des tempi parfois élargis. Et surtout, l’effectif vocal plus étoffé permet un plus grand contraste entre le chœur de solistes et le grand chœur. Les sections fuguées du Requiem, comme la grande fugue qui conclut l’offertoire, trouvent un écho dans l’Alleluia final du motet Omnis terra adoret de Fux, qui termine ce programme funèbre sur un air de joie.

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