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Les tourments de l’âme avec le Pluto-Ensemble et le Hathor Consort, entre expressivité baroque et accents pré-classiques

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Animam gementem cano. Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) : Requiem en fa mineur ; Sonata VIII à 5 en sol majeur. Johann Heinrich Schmelzer (c.1620-1680) : Sonata IX en sol majeur. Andreas Christophorus Clamer (1633-1701) : Partita I en mi mineur. František Ignác Antonín Tůma (1704-1774) : Stabat Mater en sol mineur. Pluto-Ensemble, direction : Marnix De Cat ; Hathor Consort, direction : Romina Lischka. 1 CD Ramée. Enregistré en novembre 2019 en l’Église Notre-Dame de la Nativité à Gedinne, Belgique. Durée : 61:34

 

Le Pluto-Ensemble et le Hathor Consort ont conçu un programme autour des déplorations dans le Saint Empire romain germanique.

Animam-gementem-cano_Biber_Schmelzer_Clamer_Tůma_RaméeMarnix De Cat, chanteur, chercheur et directeur artistique de l’ensemble vocal Pluto-Ensemble, a découvert à la bibliothèque de l’abbaye d’Ottobeuren un Stabat Mater du compositeur bohémien František Tůma, qui fit presque toute sa carrière à Vienne au milieu du XVIIIe siècle. L’enregistrement de cette œuvre, qui constitue une première mondiale, est ici précédé par l’admirable Requiem de Heinrich Biber.

Entre ces deux œuvres vocales, le Hathor Consort de la violiste Romina Lischka nous propose trois pièces instrumentales écrites dans la deuxième moitié du XVIIe siècle entre Vienne et Salzbourg. Un peu antérieure au reste du programme, la Sonate pour violon et viole de Schmelzer fait alterner différents styles d’écriture qui s’enchaînent en des mouvements contrastés. La Partita d’Andreas Christophorus Clamer qui suit a toute sa place dans un programme de déplorations, puisqu’elle s’ouvre par un poignant Lamento, où le premier violon déploie son chant mélancolique en dialogue avec les autres cordes. On admirera le jeu sensible de Sophie Gent au premier violon.

La fin de ce programme nous laisse un peu perplexes. On se demande ce que ce Stabat Mater de Tùma, qui date du milieu du XVIIIe siècle, vient faire après ces musiques du siècle précédent. On est là dans un tout autre monde, un autre langage, et malgré la qualité musicale des interprètes, on a du mal à être touchés. En revanche, le Requiem de Biber, lui, offre une description sensible des affects. L’intervention des sacqueboutes dans le Dies irae, l’alternance des parties solistes et des sections chorales, les instruments colla parte, tout est fait pour mettre en scène le sens du texte. C’est un sommet de l’expressivité baroque. Les pièces instrumentales qui suivent empruntent les mêmes chemins. Mais le Stabat Mater, lui, nous laisse comme des étrangers qui ne comprennent pas la langue dans laquelle on s’adresse à eux.

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Animam gementem cano. Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) : Requiem en fa mineur ; Sonata VIII à 5 en sol majeur. Johann Heinrich Schmelzer (c.1620-1680) : Sonata IX en sol majeur. Andreas Christophorus Clamer (1633-1701) : Partita I en mi mineur. František Ignác Antonín Tůma (1704-1774) : Stabat Mater en sol mineur. Pluto-Ensemble, direction : Marnix De Cat ; Hathor Consort, direction : Romina Lischka. 1 CD Ramée. Enregistré en novembre 2019 en l’Église Notre-Dame de la Nativité à Gedinne, Belgique. Durée : 61:34

 
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