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À l’Orchestre national d’Auvergne, deux concerts pour une réouverture

« ENFIN ! » : cri du cœur affiché sur le site Internet de l’Orchestre national d’Auvergne, qui a su être réactif pour proposer, dès la première journée de réouverture des établissements culturels, un concert méridien et un autre en début de soirée. 

La récente session de travail avec le violoncelliste Christophe Coin autour du style historique, a permis à la phalange d’offrir à des spectateurs enthousiastes une programmation inédite de deux ouvrages peu interprétés par l’Orchestre comme dans le paysage musical actuel. C’est au grand complet que les musiciens s’avancent sur scène, l’excitation se percevant même peu avant le début du concert, les rires des instrumentistes s’entendant dans les coulisses. Dans la salle, ce seront quelques applaudissements entre les mouvements qui manifesteront de cette atmosphère singulière.

Sous la direction du violoniste , l’interprétation de la Sinfonia pour cordes et basse continue en si mineur allie une conception expressive et une approche lumineuse adaptée au style de l’écriture de . Les tempi sont rapides et contrastés, les cordes modernes de l’orchestre y déploient une virtuosité mordante et enjouée. Commandée par l’ambassadeur de Prusse en 1773, celui-ci recommande au compositeur de « suivre son inspiration sans tenir compte des difficultés qui en résulteraient pour l’exécution ». Dialogues et autres envolées sont menés selon un trait léger parfaitement maîtrisé, l’articulation des archets accompagnant jusqu’au bout les lignes mélodiques, alors que l’Orchestre national d’Auvergne fait preuve dans le troisième mouvement d’une précision technique tirée au cordeau.

La Sinfonia n° 11 en fa majeur pour cordes de fait partie des douze sinfonies de jeunesse écrites entre l’âge de 12 et 14 ans. La cohérence de la programmation vient du fait que le professeur du jeune compositeur, Carl Friedrich Zelter, souhaitait faire travailler son jeune élève sur des modèles bien stabilisés, et donc sur celui des sinfonies de . L’expressivité de cet ensemble à cordes se manifeste, une fois encore par des contrastes saisissants (Allegro molto) et une assurance certaine dans la conduite des nuances.

Dans le livret donné aux spectateurs en début de concert, l’Orchestre n’oublie pas d’adresser à l’ensemble de son public, un grand « Merci ! » pour son soutien constant durant cette période difficile. Un concert qui marque le renouveau du spectacle vivant en s’inscrivant dans le hashtag « faire #VivreLaCulture » lancé par le Ministère de la Culture à l’occasion de cette journée tant attendue.

Crédits photographiques : © Ludovic Combe

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