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Programme français par l’ONF et Cristian Măcelaru en compagnie de Bertrand Chamayou

Résolument tourné vers la musique française, s’invite à la Philharmonie de Paris et propose pour la réouverture des concerts avec public un programme Saint-Saëns et Franck en compagnie du pianiste .

Les discussions après le mandat de Daniele Gatti autour d’un regain d’œuvres françaises par l’ avaient abouti à la nomination d’Emmanuel Krivine, qui n’aura pourtant jamais particulièrement exploité ce répertoire lors de son court mandat, interrompu avec un an d’avance en plein confinement l’année passée. Il aura donc fallu attendre la nomination du chef roumain pour répondre à cette demande, qu’il s’agisse de son concert début mai à l’Auditorium de Radio France ou de celui-ci, trois semaines plus tard à la Philharmonie de Paris.

On fête cette année les cent ans de la mort de , et à une semaine d’interpréter sa Symphonie n° 1, le chef propose tout d’abord le Concerto pour piano n° 2 déjà donné à La Villette en mars dernier, sous les doigts de la fantastique , joué ce soir par : dès la cadence introductive, l’approche se montre bien plus brute, par une interprétation plus directe de la partition traitant sans contrainte toutes les subtilités de l’Andante sostenuto, dont la seconde cadence, puis développe toute l’agilité d’un Allegro scherzando un peu trop terne dans l’accompagnement, avant un Presto là encore mieux dynamisé par le soliste que par l’orchestre.

Dédiée à Duparc et achevée juste deux ans avant la mort de son créateur, la Symphonie en ré mineur de s’infuse sans lourdeur, mais aussi sans tout à fait assez de pesanteur sur les cordes, pour s’épanouir ensuite dans les thèmes utilisés de manière cyclique. Depuis l’interprétation d’Emmanuel Krivine, qui avait programmé cette œuvre en ouverture de mandat avec le National en 2017, la formation présente toujours sa traditionnelle transparence, sans toutefois parvenir, comme précédemment, à maintenir la concentration sur l’intégralité de la prestation : l’attention du chef permet de belles mises en avant, notamment du cor anglais à l’Allegretto, ou certaines reprises du thème principal particulièrement fines par plusieurs pupitres lors de ce même mouvement, le tout manque toutefois d’assise et de profondeur.

Le Finale procure un regain de souffle, bien qu’il mette en difficulté des cors placés à deux en haut à droite, trop espacés du reste de l’orchestre pour y être parfaitement intégrés. Plus globalement, les équilibres démontrent à de multiples reprises que l’ maîtrise encore peu l’acoustique réverbérée de la salle, puisque ce n’est, sauf erreur, que sa seconde prestation à la Philharmonie, après La Damnation de Faust de 2019, prévue à l’époque par Krivine et finalement dirigée par Dutoit. Renforcé de quelques musiciens vites rentrés et à peine installés, Cristian Măcelaru se permet un bis malgré l’heure, dans lequel tous interprètent avec fougue une Ouverture exaltée du Carnaval Romain de Berlioz.

Crédits photographiques : © ONF

mis à jour le 26/05/2021 à 22h40

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