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Voyage mendelssohnien avec l’Orchestre de Chambre de Paris et Lars Vogt

Intégralement consacré à Mendelssohn, le programme de l’ à la Philharmonie bénéficie de au piano pour le Concerto n°1 et le Capriccio Brillant, avant une « Symphonie Italienne » d’une belle énergie.


Œuvres de jeunesse, les symphonies pour cordes de Mendelssohn sont très rarement jouées mais n’en demeurent pas moins intéressantes pour comprendre l’évolution du compositeur et ses influences musicales. C’est donc avec la n°10 en si mineur que s’ouvre un programme de l’ intégralement construit sur les pièces du compositeur. D’une dizaine de minutes et en un seul mouvement, Adagio – Allegro – Più presto, l’œuvre est interprétée avec les violons et altos debouts, au risque de leur donner plus de volume que les violoncelles et contrebasses dans la Grande Salle de Philharmonie de Paris. A ce léger déséquilibre s’ajoute celui de ne plus pouvoir descendre les panneaux acoustiques du plafond, fait relativement gênant dans la concentration du son au parterre lorsqu’un ensemble de chambre est en scène.

Plus mature bien que moins interprété que ceux de ses contemporains Schumann ou Chopin, le Concerto pour piano n°1 en sol mineur doit attendre un long changement de plateau, avant que soit enfin apporté l’instrument soliste. Et si une majorité du public a choisi des places à gauche du parterre et des balcons de face pour voir les mains du pianiste, cela n’aura servi à rien, car préfère diriger du piano avec celui-ci en plein milieu de l’ensemble, à la perpendiculaire. C’est donc assis qu’il lance le Molto allegro con fuoco, pour finalement se relever bien vite afin de dynamiser quelques secondes à peine l’orchestre. Puis il se rassoie en touchant déjà le clavier, qu’il lance à pleine volée dans les arpèges fougueux de sa partie. Un peu trop accentué au premier mouvement en plus d’y apposer les rubatos qu’on lui connaît, Vogt devient plus mesuré et plus touchant à l’Andante, notamment dans sa grande partie soliste. Le Presto reprend la dynamique avec la même agilité qu’au début, mais aussi avec plus de ductilité et un style joueur, parfait pour décupler ce finale.


Le Capriccio Brillant met en avant les mêmes qualités du pianiste, tandis que l’Orchestre de Chambre de Paris, parfois encore trop peu net dans les attaques au concerto, semble à présent se concentrer plus et gagner en justesse. D’une dizaine de minute, l’œuvre est malgré son titre moins fougueuse que le concerto précédent, peut-être parce qu’elle provient d’un voyage parisien et était prévue pour l’Angleterre, quand la précédente débordait encore d’Italie. Elle ressort toutefois avec énergie de cette interprétation, suivie d’un bis, où Lars Vogt décide d’abandonner pour quelques instant Mendelssohn pour parler de l’Ukraine. Il donne alors le célèbre Nocturne n° 20 op. posth de Chopin, qui ravive ici les sensations de son utilisation dans le film Le Pianiste et ne peut que rappeler les horreurs de la guerre.

En seconde partie, Vogt revient en Italie avec la Symphonie n°4 en la majeur, op. 90. Après un concerto créé en 1831 et un capriccio de 1832, le voyage mendelssohnien particulièrement bien construit de Vogt nous amène en 1833 par cet ouvrage initié trois ans plus tôt dans les grandes villes italiennes, mais finalement créé à Londres. Elle aussi très dynamique, elle bénéficie à présent d’un Orchestre de Chambre de Paris précis, devant cette fois un chef en possession d’une baguette.Alors, l’Allegro vivace lance les bois et les violons avec une belle vigueur en plus d’une vraie souplesse, bien maintenue jusque dans les derniers instants du Saltarello : Presto, tandis que les deux mouvements médians offrent plus de douceur. Plus fourni dans l’orchestration, le chef-d’œuvre permet aussi de mieux identifier les individualités de la formation parisienne, notamment les flûtes, très lyriques, tandis que les cuivres savent donner du corps lors des moments les plus impétueux !

Les Concertos pour piano et le Capriccio font l’objet d’un disque enregistré par l’OCP et Lars Vogt, tout juste paru chez Ondine.

Crédits photographiques : © Gil Lefauconnier

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