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La Vestale de Spontini rétablie dans ses justes proportions au TCE

La Vestale de était donnée en version de concert au Théâtre des Champs-Elysées dans le cadre du 9e Festival du à Paris.

La Vestale de est un jalon entre la tragédie lyrique et le futur grand opéra français. À ce titre, cette œuvre hybride, tournée vers le passé mais annonçant l’avenir, a été trop souvent négligée, voire oubliée ou mutilée. Grâce soit donc rendue au de nous l’avoir restituée dans une édition critique (Ricordi 1994), et une distribution plus qu’enthousiasmante.

Dans le rôle-titre, , très attendue, dessine une héroïne émouvante, capable aussi bien de la tendresse à fleur de lèvres que de la passion la plus incandescente. Julia est un rôle complexe, et la soprano en maîtrise toutes les facettes, et en possède amplement les moyens.

Son amant interdit est interprété par , dont le timbre s’assombrit de plus en plus au fil des ans, sans que cela nuise à ses aigus. Plus martial qu’amoureux transi, son Licinius est viril, combatif, mais pas vraiment tendre. On ne sent guère de complicité dans ce couple, et c’est un peu dommage. Peu de connivence non plus avec son meilleur ami Cinna, distribué au toujours impeccable .

La grande vestale d’ est impressionnante, avec des graves profonds et une présence imposante. incarne avec son talent habituel le méchant de service, bien qu’il se laisse souvent couvrir par l’orchestre.

Mais le plus spectaculaire de la soirée est la remarquable prestation du , d’un engagement et d’une beauté de son affolants, sans parler d’une diction irréprochable. Sous la baguette de , les talonnent de très près. Précis, enflammé, rendant tout son souffle passionné à l’action, l’orchestre sur instruments anciens, ainsi que le chef, rendent enfin toute sa dimension à l’œuvre.

On aurait presque eu envie d’assister à une version scénique, si l’on n’avait pas craint une vision traditionnelle en péplum, avec jupettes courtes obligées pour les hommes, ou alors trop « moderne » dans laquelle on ne retrouve pas ses petits. Dans le cas présent, les divertissements dansés ont été éliminés, car superfétatoire sans stimulation visuelle.

On attend avec impatience la parution du CD, réalisé en studio pendant les jours précédant le concert par le label Bru Zane.

Crédit photographique : © Gil LeFauconnier

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