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La Messe du Couronnement de Mozart à Montpellier avec Rachmaninov, Atterberg et Sibelius

Ce concert à l'Opéra Comédie de Montpellier était essentiellement consacré à la Messe du Couronnement de Mozart, à côté de compositeurs plus tardifs en de beaux contrastes d'ambiances vocales et orchestrales.

Le programme propose en lever de rideau un Ave Maria, celui de intitulé Bogoroditse Devo (Vierge, mère de Dieu). Une œuvre pour chœur a capella qui telle une prière musicale s'élève peu à peu se répandant comme un parfum subtil. Malgré l'acoustique un peu sèche du théâtre, le discours religieux est magnifiquement porté par le chœur, onctueux et chaud dans ses couleurs dessinées par un chef souple et inspiré. Cela évoque l'ambiance d'une église orthodoxe avec ses chants émouvants.

Une deuxième œuvre voit entrer sur scène l'orchestre en formation de cordes, avec la violoniste et l'altiste Eric Rouger. Tous deux sont solistes de l'Orchestre de Montpellier et interprètent ici la Suite n° 3 op. 19 n° 1 du compositeur suédois Kurt Attenberg. Écrite en 1917, cette composition en trois mouvements  offre un dialogue intime entre deux solistes soutenus par la chaleur des cordes de l'orchestre. Chaque temps de la Suite révèle le style post-romantique qui garde un lyrisme solennel et significatif, propre aux accents nordiques. Un Adagio en forme de contemplation, une Pantomine où l'auteur se plait dans une danse très contrastée et un final, Vision qui se veut décrire une apparition éveillée, aux couleurs folkloriques. Le dialogue du violon et de l'alto tout au long de l'œuvre témoigne de la complicité musicale de la part des deux solistes.

Restant dans la sphère nordique, après installation au grand complet de l'orchestre symphonique, Finlandia op.26 de clôt la première partie du concert. Écrite en un poème symphonique avec chœur d'hommes, l'âme patriotique y est magnifiée, devenant de fait l'hymne national de la Finlande. L'interprétation remarquable de l'ensemble orchestral et vocal repose beaucoup sur la conviction du chef .

ensuite, en apothéose de la soirée, avec la Messe KV 317 composée en 1779 pour un couronnement, resté au final énigmatique. Cette œuvre célèbre la vie au travers d'un discours joyeux avec un beau relief entre le quatuor de voix solistes et le chœur. Comme bien souvent chez Mozart, le discours bien que sacré se rapproche du style de l'opéra, ce qui crée un climat ludique et lumineux. La lecture de la Messe est alerte, enlevée, nette et précise. Une nouvelle fois, l'acoustique analytique de la salle y contribue à l'inverse d'ambiances enveloppées d'édifices religieux. Le quatuor vocal est d'une grande homogénéité et d'une juste intensité. L'émotion est palpable lors du Benedictus, chanté avec raffinement par la soprano Manon Lamaison.

Bien que ne prévoyant pas de bis pour achever cette soirée, le public ovationne largement et longuement tous les musiciens y compris Noëlle Gény, cheffe de chœur qui a préparé admirablement ses chanteuses et ses chanteurs.

Crédits photographiques : © Opéra

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